La Gazette

des Comores

Rebaptisation du lycée de Fomboni : L’opposant Aboul-khair y voit des « manœuvres politiciennes »

Rebaptisation du lycée de Fomboni :  L’opposant Aboul-khair y voit des « manœuvres politiciennes » © : HZK-LGDC

La voix dissidente de Moheli, Aboul El-Amine Ali Mbaraka Aboul-khair, accuse le chef de l’État Azali Assoumani de chercher un moyen d’asseoir sa politique à Moheli « en se servant de l’image du feu Mohamed Hassanaly », dont le nom sera donné au lycée de Fomboni ce vendredi 14 janvier.


« Se rendre à cet évènement pour des fins politiciennes est une insulte à la mémoire du regretté », cogne-t-il. La charge est loin d’être anodine, du moins aux yeux de l’ancien maire de Fomboni, Aboul El-Amine Ali Mbaraka Aboul-khair. La date, d’abord. C’était le 2 janvier 2021 que l’une des grandes figures de la politique nationale et un des leaders emblématiques de l’île de Moheli a tiré sa révérence, emporté par la Covid-19 à l’âge de 79 ans. Le 14 janvier 2022, les siens organisent à la grande mosquée de Fomboni sa première commémoration. Le chef de l’État Azali Assoumani sera de la partie. L’occasion d’annoncer à la population et au peuple entier la rebaptisation du lycée de Fomboni, qui portera le nom du regretté.

 

Mais cette initiative, si elle n’est pas rejetée d’un revers de la main par la voix dissidente de Moheli, elle est critiquée, décortiquée et mise en charpie par un Aboulher qui s’identifie comme un des fils spirituels du défunt. « Azali veut profiter de cette période d’appel à un dialogue national pour montrer aux Moheliens qu’il se soucie d’eux. Il sait aussi que le regretté est adoré dans son île pour son leadership et son combat qu’il a mené jusqu’à son dernier souffle. Même ses opposants le respectaient », accuse celui qui fait des va-et-vient entre l’intérieur et l’extérieur de la prison pour ses critiques acerbes à l’endroit des Exécutifs aussi de l’île que de l’Union.

 

Dans son réquisitoire, il affirme que le choix d’un vendredi est loin d’être le fruit du hasard puisque, dit-il, comme c’est un jour de communion pour la communauté musulmane, « c’est pour Azali une occasion en or de vanter et surtout d’imposer sa politique politicienne ». Quant à la rebaptisation de lycée de Fomboni, l’opposant d’une constance légendaire estime que le chef de l’État aurait pu, si vraiment ça lui tenait à cœur, honorer le regretté dès son vivant. « Il ne lui a pas accordé de l’estime quand il était vivant. Pourquoi aujourd’hui ? C’est une insulte à sa mémoire », poursuit celui qui affirme que le mouvement du 17 février est exempté de cette « exploitation d’image ». L’opposant a profité de son passage au siège de La Gazette des Comores pour féliciter l’équipe nationale de football pour sa toute première participation à la CAN. Il regrette néanmoins que le joueur Faouz Faidine ne soit pas selectionné.

 

Andjouza Abouheir

 


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