La Gazette

des Comores

Remaniement gouvernemental partiel : Le choix de l’expérience

Remaniement gouvernemental partiel : Le choix de l’expérience © : HZK-LGDC

Portraits des trois nouveaux ministres Le jeudi 5 février 2026, le chef de l’État a procédé à un remaniement partiel de son gouvernement. Cette réorganisation concerne trois portefeuilles ministériels sur les quinze que compte l’Exécutif, à savoir les Finances, la Justice et les Sports. À travers ces nominations, l’Exécutif fait le choix de profils expérimentés issus de l’administration, de la diplomatie et de la magistrature. Portraits des trois nouveaux ministres à partir de leurs parcours professionnels.


Moussa Abderemane, ministre des Finances

 

Nommé le jeudi 5 février 2026 ministre des Finances, du budget et du secteur bancaire, Moussa Abderemane rejoint l’équipe gouvernementale avec un parcours marqué par la rigueur juridique, la gestion publique et la coopération internationale. Juriste de formation, il a occupé plusieurs postes stratégiques au sein de l’administration comorienne et dans les représentations diplomatiques du pays. Né le 31 décembre 1972 à Mdjoièzi dans la région de Hambou, marié et père de trois enfants, Moussa Abderemane est titulaire d’une maîtrise en droit public et sciences politiques obtenue à l’Université d’Antananarivo en 1998. Il a ensuite renforcé ses compétences à travers plusieurs formations spécialisées en administration publique, en droit économique et en politique commerciale internationale, notamment à l’École nationale d’administration de Strasbourg, à l’École de magistrature de l’OHADA au Bénin et à l’ISCAE de Casablanca, une formation qui lui a permis de « maîtriser les enjeux liés au commerce international et à l’intégration régionale », lit-on dans son parcours académique. Son itinéraire professionnel témoigne d’une présence continue au cœur des politiques économiques de l’État. Il a exercé au ministère de l’Économie et des Finances, où il a été chargé du suivi de la législation commerciale, de l’analyse des contentieux économiques et de la coordination des politiques de commerce extérieur. À ce poste, il a notamment contribué à « l’harmonisation des règles commerciales nationales avec les textes du COMESA et de l’OHADA ». Entre 2012 et 2014, Moussa Abderemane occupe les fonctions de secrétaire général et ordonnateur suppléant au sein de la vice-présidence chargée de l’Économie, des finances et du budget. Il y assure le suivi et le contrôle de l’exécution des décisions ministérielles et interministérielles, tout en supervisant les programmes financés par les partenaires techniques et financiers, précise-t-on dans les documents administratifs. Son parcours l’amène ensuite sur le terrain diplomatique. De 2016 à 2024, il est conseiller d’ambassade auprès de l’Union européenne, du BENELUX et de l’Allemagne, chargé des institutions économiques. À Bruxelles, il suit les dossiers relatifs à la coopération avec l’Union européenne, les États ACP et les accords de partenariat économique, ainsi que les négociations de l’accord post-Cotonou et les projets soumis au financement international. Plus récemment, depuis novembre 2024, il dirige l’Agence comorienne de coopération internationale, où il est chargé de coordonner le suivi de la coopération technique internationale et des accords signés par l’Union des Comores. Une fonction qui renforce son expertise en matière de financement du développement et de relations avec les bailleurs internationaux. Maîtrisant parfaitement le français et disposant d’un bon niveau en anglais, Moussa Abderemane est décrit comme un haut cadre de l’État. Sa nomination le 5 février 2026 s’inscrit dans une volonté de s’appuyer sur des profils expérimentés pour conduire les grandes réformes économiques et financières du pays.

 

Saïd Mohamed Ali Saïd, ministre des Sports

 

Un expert en développement durable à la tête de la jeunesse et de la culture.

Said Mohamed Ali Said fait son entrée au gouvernement en tant que ministre de la Jeunesse, de l’emploi, du travail, des sports, des arts et de la culture, avec un parcours administratif et technique solidement ancré dans la gestion publique et le développement durable. Âgé de 58 ans, et né à Nioumachoi, sur l’île de Mohéli, Said Mohamed Ali Said est marié, et est reconnu pour son engagement de longue date au service de l’État. Titulaire d’une Licence en climatologie, d’une Maîtrise en géophysique et d’un Diplôme d’études supérieures spécialisées (DESS) en développement durable obtenus à l’Université Jules Verne de Picardie en France, il s’est très tôt spécialisé dans les questions environnementales, la planification du développement et la gestion des ressources naturelles. Sa carrière débute dans les années 1990 au sein de projets soutenus par le PNUD/GEF, consacrés à la conservation de la biodiversité et au développement local. Il y intervient comme coordonnateur en développement communautaire, chef d’antenne à Mohéli puis coordinateur national, avec pour missions la participation des communautés locales, le suivi des projets et la gestion financière. Ces expériences marquent son engagement en faveur d’un développement participatif et durable. Entre 2006 et 2011, Said Mohamed Ali Said occupe les fonctions de secrétaire général du ministère de l’Agriculture, de la pêche et de l’environnement, où il assure la coordination des plans d’action, l’évaluation des programmes et la gestion administrative et financière du ministère. Il est ensuite nommé Secrétaire général du gouvernement de l’Union des Comores de 2011 à 2016, un poste stratégique où il coordonne l’action gouvernementale et assure les relations fonctionnelles entre l’exécutif, le législatif et la Cour constitutionnelle, dont les pouvoirs sont désormais attribués à la Cour suprême. De 2016 à 2019, il devient Secrétaire général de l’Assemblée nationale. À ce titre, il veille au bon fonctionnement de l’administration parlementaire, à la préparation des séances plénières et à la transmission des lois votée. Depuis 2019, il exerce comme consultant indépendant en gestion des ressources naturelles, collaborant notamment avec l’ONG internationale Blue Ventures sur des programmes de reconnaissance des systèmes de gestion marins locaux et de défense des droits des petits pêcheurs. Doté d’une solide expérience administrative, maîtrisant le français et disposant de compétences avérées en planification et en gestion de projets, Said Mohamed Ali Said est présenté comme un technicien de l’État, habitué aux mécanismes institutionnels.

 

Mohamed Nourouddine Afraitane, ministre de la Justice

 

Mohamed Nourouddine Afraitane a été nommé ministre de la justice le 5 février dernier. Porté à la tête du ministère de la Justice, des affaires islamiques et de la fonction publique, chargé des Droits de l’Homme et des Administrations Publiques. Magistrat de carrière, il arrive au gouvernement avec une longue expérience judiciaire et académique. Originaire d’Anjouan plus précisément à Ouani, Mohamed Nourouddine Afraitane a effectué ses études secondaires au lycée de Mutsamudu avant de poursuivre un cursus universitaire en droit. Né le 26 mai 1965, il est titulaire d’une maîtrise en sciences juridiques, option droit et gestion de l’environnement, obtenue à l’Université de Fianarantsoa à Madagascar en 1996. Il a par ailleurs suivi plusieurs formations spécialisées à l’École régionale supérieure de la magistrature et au Centre de formation judiciaire du Sénégal, notamment dans le domaine de la magistrature et du droit OHADA. Sa carrière au sein de l’appareil judiciaire débute à la fin des années 1990. Il exerce successivement comme juge au Tribunal de Paix de Domoni, juge d’instruction puis doyen des juges d’instruction au Tribunal de Première Instance de Mutsamudu. Il est ensuite nommé vice-président de ce tribunal avant d’accéder aux fonctions de Premier Président de la Cour d’Appel de Mutsamudu en 2012. Tout au long de ce parcours, il est décrit comme un magistrat ayant assuré la conduite des procédures pénales, correctionnelles et d’instruction. Parallèlement à ses fonctions judiciaires, Mohamed Nourouddine Afraitane s’investit dans la formation et la transmission du savoir. Il intervient comme enseignant vacataire à l’Université des Comores, dispensant des cours de procédure pénale, de droit international privé et de droit de l’environnement. Il est également formateur des auditeurs de justice et des greffiers dans le cadre du projet Mahakama Ya Wusawa. Engagé dans la vie associative et communautaire, il a présidé plusieurs mutuelles d’épargne et de crédit à Anjouan et a été membre actif du Croissant Rouge d’Anjouan. Polyglotte, maîtrisant le français, l’arabe et l’anglais, il est présenté comme un profil alliant rigueur judiciaire, expérience administrative et engagement social. Sa nomination au ministère de la Justice le 5 février s’inscrit dans une volonté de renforcer l’État de droit, la gouvernance publique et la protection des droits de l’Homme.

 

Rassemblés par Mohamed Ali Nasra

 

 

 


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