Ouverture ce vendredi dans la tourmente de la session ordinaire du mois d'avril du parlement. Une rentrée parlementaire émaillée par des incidences graves où des élus en sont venus aux mains à l'extérieur et à l'intérieur de l'hémicycle. Des scènes surréalistes, sous les yeux de la communauté internationale.
A chaque rentrée parlementaire son lot de surprises. Et cette session n'a pas fait exception, les députés qui nous ont habitué depuis un temps à des scènes surréalistes, se sont laissés emportés dans leur exercice favorites. A une heure de l'ouverture de la session, l'atmosphère était pesante aux abords du palais du peuple où on constate un déploiement quoique léger des forces de l'ordre.
L'entrée sera filtré au public qui n'accède dans l’enceinte du parlement qu'au compte goutte. Un air de déjà vu. Premier escarmouche à quelques minutes du début de la cérémonie, la député de Mutsamudu s'en prend à un autre élu au premier contact dans les couloirs de l'aile nord du palais du peuple. « Allez-vous en siéger à Comores Télécom (siège d'Anjouan : ndlr) où vous avez fait vos mascarades et pas ici au parlement », a-t-elle pesté.
L'élue interpellée ne se fait pas prier pour répondre, s'ensuit par la suite un duel au « féminin » qui va durer quelques minutes sous les yeux ébahis des journalistes et quelques employés de la maison. Pendant ce temps ça s'active dans les coulisses pour trouver un consensus avant l'ouverture de la session mais en vain. Chaque camp campe sur ses positions. Pendant que celui du président de l'assemblée nationale décide d'admettre au sein du parlement les élus dit-on, de la coalition Updc, les députés du parti Juwa quant à eux, ont juré de faire obstruction, protestant qu'ils n'ont pas la légitimité.
Le temps presse et le président ne tardera pas à faire son entrée dans l’hémicycle. Ainsi commence des longues heures de bataille rangée entre élus. D'abord à l'entrée de l’hémicycle où certains élus du Juwa vont énergiquement tenter de faire barrage aux trois élus du conseil de l'île d'Anjouan dont la désignation est contestée. En suite quand, le président du perchoir se fait arracher la liste de présence à trois reprises au moment où il a voulu procéder à la lecture. L'hémicycle se transformera pendant une vingtaine de minutes en une arène où un combat entre élus va être engagé. Et quand le calme revient, c'est un concert de bruit de tapage des bancs de l’hémicycle qui va accompagner le discours d'ouverture du président du parlement.
« Chaque parti a le plein droit d'user toutes les stratégies pour arracher la majorité », a confié le député de la coalition Updc pour qui l'assemblée nationale n'est la propriété de quiconque. « Qui va respecter la loi si l'assemblée ne la respecte pas », s'est-il interrogé, ajoutant que son camp a usé de toutes les voies pour avoir un consensus sans résultats. « Alors vient le temps de la force », fait-il observer. « C'est la vie d'un parlement », dira Mohamed Daoudou ministre de l'intérieur chargé des institutions pour qui, plus de peur que du mal, en se référant à l'épisode dont il était témoin. D'après-lui, l'essentiel tenez-vous bien est l'ouverture de la session.
Le deuxième acte de la soirée va se dérouler dans un bureau attenant le secrétariat général de l'assemblée où Abdallah Ben Ali s'autoproclame président de l'assemblée par intérim. « Je suis désigné par mes paires députés président de l'assemblée par intérim en attendant l'introduction à la Cour d'une procédure de destitution de l'actuel président de l'assemblée », a-t-il proclamé. Ainsi va la vie à l'assemblée nationale avec une législature née dans la contestation et qui précipite sa propre déconfiture, donnant l’image d’une représentation nationale ingouvernable, à la recherche d’une majorité introuvable. Dans notre prochaine édition, les raisons de cette tension.
Maoulida Mbé
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