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des Comores

Réformes gouvernementales : Le parti Orange monte au créneau contre les récentes mesures

Réformes gouvernementales : Le parti Orange monte au créneau contre les récentes mesures © : HZK-LGDC

Le samedi 30 août, le parti Orange a organisé une conférence de presse au cours de laquelle ses responsables ont exprimé de vives préoccupations face aux récentes réformes annoncées par le gouvernement. Cette sortie médiatique, menée par Mohamed Daoudou, alias Kiki, a mis en évidence un climat social tendu où chaque nouvelle décision administrative est perçue comme un poids supplémentaire pour une population déjà confrontée à de fortes difficultés économiques.


Au cœur des critiques figurent quatre mesures : la hausse des frais de préinscription à l’Université des Comores, l’interdiction des véhicules à volant à droite, l’augmentation des frais relatifs à l’acquisition de la nationalité comorienne et la modification des horaires de travail dans la fonction publique, désormais fixés de 8h à 17h. Pour le parti Orange, ces décisions traduisent une approche jugée déconnectée de la réalité quotidienne des Comoriens. S’agissant des frais universitaires, Mohamed Daoudou a souligné le risque d’exclusion pour de nombreux jeunes issus de familles modestes, pour qui l’accès à l’éducation constitue pourtant un levier essentiel de mobilité sociale. L’augmentation des coûts liés à l’acquisition de la nationalité est, de son côté, interprétée par l’opposition comme une forme de « marchandisation » de l’identité et de la citoyenneté. Quant à la réforme des horaires administratifs, elle est dénoncée comme inopportune et susceptible de perturber l’équilibre familial et social des fonctionnaires.

Du côté du gouvernement, les réformes sont présentées comme nécessaires à la modernisation de l’administration, à l’amélioration de la qualité des services publics et à l’adaptation du pays aux standards internationaux. Les autorités défendent également une logique de mobilisation accrue de ressources internes afin de réduire la dépendance vis-à-vis de l’aide extérieure. Cependant, ces réformes interviennent dans un contexte marqué par l’inflation, la hausse du coût de la vie et un chômage massif, en particulier chez les jeunes. Dans un tel climat, toute mesure impactant directement les revenus ou les conditions de vie devient particulièrement sensible et suscite des réactions rapides.

Avec ce discours offensif, le parti Orange cherche à se positionner comme porte-voix des frustrations sociales. En dénonçant des choix politiques jugés « injustes et insoutenables », il entend capter l’attention d’une population en quête de réponses concrètes aux difficultés du quotidien. La confrontation entre une volonté gouvernementale de réforme et une société qui peine à en percevoir les bénéfices immédiats illustre ainsi une fracture grandissante dans la relation entre gouvernants et gouvernés.

Mohamed Ali Nasra


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