La Gazette

des Comores

Rétrospective 2017 / Une année aux multiples soubresauts politiques

Rétrospective 2017 / Une année aux multiples soubresauts politiques © : HZK-LGDC

Rupture au sommet de l'Etat entre Juwa et Crc, blocage au conseil de l'île de Ndzouani, bataille rangée entre députés dans l’hémicycle ou des assises nationales que d'aucuns craignent qu'elles réveilleront les vieux démons du séparatisme, autant de sujets politiques qui ont marqué une année 2017 riche en rebondissements politiques.


La rupture diplomatique entre les Comores et le Qatar sonnera le glas d'une coalition Crc/Juwa qui n'aura finalement tenu qu'une année. Le président de la République prendra comme prétexte la sortie médiatique du président d'honneur du parti Juwa, Ahmed Abdallah Mohamed Sambi qui a vertement dénoncé la décision de rompre avec le Qatar pour chasser du gouvernement un parti qui a fortement contribué à la victoire de l'actuel locataire de Beit-Salam.

Nombreux sont les observateurs qui s'interrogent sur la réaction et surtout sa place quand on sait que l'opposition peine à se restructurer et à s'affirmer. Il a fallu plusieurs mois à Juwa pour digérer et se remettre sur les rails avec la tenue, dans des conditions difficiles, de son premier congrès, désignant un nouveau bureau qui ne tardera pas à entériner le divorce avec le régime tout en promettant de « faire face » à  toute volonté du gouvernement « de confisquer tous les espaces d'expression et de libertés démocratiques ».

Peu avant cette rupture, c'est la crise au conseil de l'île de Ndzouani qui mettra à l'épreuve la coalition Crc et Juwa et qui s'invitera même à Beit-salam. Trois sièges à l'assemblée nationale réservés au conseil de l'île de Ndzouani seront à l'origine d'une bataille rangée entre élus dans une assemblée en quête d'une majorité introuvable.

Nous sommes au mois de juillet et le président de la République, saisi par le mouvement du 11 août, décide de lancer les consultations tous azimuts pour la tenue des assises nationales pour le bilan des 42 ans d'indépendance et les 15 ans de la tournante.

Partis et mouvements politiques, opposition comme coalition au pouvoir ainsi que les membres de la société civile défileront au palais de Beit-Salam et l'idée ne semble pas trouver d'obstacles. Il a fallu attendre la publication du décret portant sur la composition du comité de pilotage des assises nationales (Cpan) pour déclencher les hostilités entre pro et anti-assises qui sera suivi par une cascade de démissions au sein du Cpan.

Une crise qui s'ajoute à une autre crise. Le gouverneur de Ndzouani, Salami Abdou annoncera la tenue d'assises insulaires et surtout qu' « il appartient aux anjouanais, toutes formations confondues, de se mobiliser pour l'édification de l'île », dira Dr Salami. « Il n'y aura pas d'assises pour chaque île », rétorque Mohamed Salim Hafi, ministre de la jeunesse et des sports. Un front uni va naitre et réunira surtout des cadres issus de l'île d'Anjouan qui signeront un mémorandum pour dénoncer le format du Cpan et le mode de désignation.

Les pro-assises déclencheront une contre-attaque pour mettre fin «  à un mouvement de désinformation qui a été savamment orchestré et qui est de nature à compromettre la crédibilité des assises », dira Said Larifou du parti Ridja.

L'année 2017, c'est aussi la mise en place d'une commission parlementaire pour enquêter sur la citoyenneté économique. Une vingtaine de personnalités seront auditionnées dans ce cadre, notamment le président Azali et l'ex président Sambi. Des auditions qui vont défrayer la chronique mais qui ne vont pas empêcher les auditions d’Azali, Ikililou et Sambi. 

2017 sera marquée par la fin de la pagaille des formations politiques avec en tout et pour tout, six partis qui seront reconnus par la loi portant réglementation des partis politiques. Une décision qui soulèvera des vagues et que d'aucuns qualifieront d' « anticonstitutionnelle ».

La réélection controversée de Dr Djaza Ahmed à la tête de la Ceni (Commission électorale nationale indépendanye) n'arrangera rien. 2017 finira dans la polémique avec la présence d’élus mahorais lors de la sixième commission mixte France-Comores.

 

 

                               

                 


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