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Sommet de Nouakchott / L'Afrique déclare la guerre à la corruption

Sommet de Nouakchott / L'Afrique déclare la guerre à la corruption © : HZK-LGDC

50 milliards de dollars américains de flux financiers illicites quittent le continent chaque année. C'est le constat fait par le président Nigérian Muhammadu Buhari chargé par ses pairs de dresser un rapport sur la corruption dans le continent et l'arsenal pour lutter contre ce phénomène.


« Si nous luttons contre la corruption, sachez que la corruption se bat contre nous », a d'emblée déclaré non sans humour Paul Kagamé le président en exercice de l'Union Africaine au moment d'ouvrir la plénière du 31e sommet de l'Union Africain qui s'est déroulé du 1er au 2 juillet à Nouakchott et dont le thème central était la lutte contre la corruption. Le choix du président Nigérian Buhari pour piloter un panel des chercheurs africains chargés de réfléchir sur un arsenal de mesures contre ce que lui même qualifie d'un cancer n'est pas fortuit. Le Nigeria et Rwanda sont considérés comme un modèle dans le continent en matière de lutte contre la corruption.

 

« Environs 50 milliards de dollars de flux financiers illicite quittent le continent chaque année, ce qui représente un manque à gagner important pour les gouvernements africains. Ces fonds pourraient être utilisés pour des initiatives de développement et financer des services publics», a-t-il fait savoir, ajoutant que le montant de ce flux dépasse l'aide publique au développement des pays africains. « L'Afrique serait en mesure de financer son développement de manière plus autonome si les pays pouvaient mettre fin aux flux financiers illicites (Ffi) de manière efficace », croit-il savoir.

 

A l'en croire, les Ffi proviennent de trois types d'activités – des revenus d'entreprises générés en Afrique mais non déclarés sur le continent à des fins d'évasion fiscale ou fraude – les activités illégales qui génèrent des revenus importants tel que la traite humaine ou le trafic de stupéfiants, qui sont ensuite blanchis – et la corruption. M. Buhari fait état dans son rapport, d'un audit coordonné qui a été mené dans 12 pays africains francophones et anglophones et dont le but et de permettre à l'organisation africaine des institutions supérieurs de contrôle des finances publiques (Afrosai) d'examiner le rôle des institutions supérieurs de contrôles (Isc) dans la lutte contre les flux financiers illicites.

 

« La corruption ne représente certes qu'autour de 5% des Ffi mais elle reste l'un des principaux facilitateurs de toutes les formes de Ffi, car les activités criminelles comme le trafic de stupéfiants ou l'évasion fiscale sont souvent facilitées par des pots-de-vin. Par conséquent, l'Afrosai a pris la décision d'évaluer l'efficacité de certains mécanismes existants pour lutter contre la corruption », fait-il observer. « Nous avons déclaré l'année 2018, année de lutte contre la corruption. Les méfaits de ce fléau sont connus, identifiés, et se traduisent par la perte de ressources au montant astronomique », dira Moussa Faki Mahamat président de la commission de l'Union Africaine, ajoutant que pour marquer leur détermination à en finir avec ce fléau les africains ont désigné M. Buhari comme leader de leur combat.

 

« Le travail abattu sous son leadership fournira des orientations quant aux mesures à prendre», a-t-il indiqué. Et de poursuivre : « la célébration du 11 juillet de chaque année comme journée de lutte contre la corruption devrait permettre d'impliquer tous les segments de notre population dans ce combat. Leur rôle de vigie de l'action publique et de la probité de ceux qui en ont la charge irremplaçable ». A noter qu'à la fin de la plénière chaque pays fait le constat de l’ampleur de ce fléau, le président Azali Assoumani a laissé entendre que si le phénomène prend de proportions inquiétantes dans le continent, c'est à cause de l'ingérence politique. Prenant le cas de son pays avec le dossier de la citoyenneté économique.

 

Maoulida Mbaé

 


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