Le président français, Emmanuel Macron a réuni à Paris mardi plusieurs dirigeants africains et européens, dans le cadre du sommet sur le financement des économies africaines. Objectif : aider les pays d’Afrique à s’extraire du piège de la dette et financer leur développement futur.
La pandémie de Covid-19 n’a épargné aucun secteur ni aucun pays. L’économie mondiale est fortement impactée. L’Afrique est gravement touchée et a connu une récession sans précédent en 2020. Pour rehausser la courbe, le Fonds monétaire international (FMI) estime jusqu’à 285 milliards de dollars de financement supplémentaire sur la période 2021-2025 pour l’ensemble du continent dont la moitié aux pays à faible revenu. Le constat est que « sans action collective, le financement et les objectifs du programme de développement durable à l’horizon 2030 et l’agenda 2063 de l’Union africaine seront compromis ».
Pour y contribuer, la France a abrité le 18 mai dernier le sommet sur le financement des économies africaines car elles « ne possèdent ni des capacités suffisantes ni d’instruments similaires » pour relancer les leur. Conscient de cela, les dirigeants du monde entier disent qu’ils ne peuvent pas se permettre de laisser cela de côté.
« Nous, les dirigeants participant au Sommet, en présence d’organisations internationales, avons la responsabilité d’agir ensemble et de combattre la grande divergence qui est en train d’apparaitre entre les pays et au sein de chaque pays. Cela nécessite d’agir collectivement pour mettre en place un plan de soutien financier très substantiel visant à donner une impulsion indispensable à l’économie de ces pays et à apporter les moyens d’investir pour un avenir meilleur. Nous ambitionnons de répondre aux besoins de financement immédiats, d’améliorer la capacité des gouvernements africains à soutenir une relance économique vigoureuse et durable, et de renforcer le secteur privé africain, dont le dynamisme représente un facteur de croissance à long terme pour le continent », peut-on lire dans la déclaration commune des dirigeants.
Ainsi, ensemble ils estiment que « dans l’immédiat, la priorité absolue est de vaincre la pandémie ». « Nous reconnaissons le rôle d’une immunisation à grande échelle contre la Covid-19 en tant que bien public mondial et nous unissons nos efforts pour veiller à un accès équitable en Afrique à des vaccins, des traitements et des moyens de diagnostic sûrs et abordables grâce au dispositif pour accélérer l’accès aux outils de lutte contre la Covid-19 (Accélérateur ACT) et à sa facilité COVAX, ainsi qu’à l’initiative AVATT de l’Union africaine », poursuivent les dirigeants.
Ensemble ils doivent s’appuyer sur le système financier international pour créer l’espace budgétaire nécessaire aux économies africaines. « Nous appelons à rapidement décider d’une allocation générale de droits de tirage spéciaux (DTS) du FMI d’un montant sans précédent, qui devrait atteindre 650 milliards de dollars, dont près de 33 milliards destinés à augmenter les avoirs de réserve des pays africains, et à la mettre en œuvre dans les meilleurs délais, et nous demandons aux pays d’utiliser ces nouvelles ressources d’une manière transparente et efficace », insistent-ils.
Pour atteindre les objectifs escomptés, les dirigeants mondiaux sont déterminés « à amplifier considérablement son impact en Afrique en étudiant le prêt de DTS à titre volontaire par l’intermédiaire du Fonds fiduciaire pour la réduction de la pauvreté et pour la croissance (FRPC) du FMI, et en envisageant avec le FMI, la Banque mondiale et d’autres banques multilatérales de développement (BMD) diverses options supplémentaires pour prêter des DTS en vue de soutenir la relance verte, résiliente et inclusive des membres du FMI, au sortir de la pandémie, conformément aux Objectifs de développement durable (ODD) ».
Un soutien qui sera appuyé et complété par « l’aide publique au développement (APD), une 20e reconstitution ambitieuse des ressources de l’Association internationale de développement (AID-20), la 16e reconstitution générale des ressources du Fonds africain de développement (FAD-16) en 2022 et la mobilisation de financements concessionnels supplémentaires par le FMI, les banques et les fonds multilatéraux de développement, ainsi que les organismes bilatéraux de développement ». « Nous demandons aux BMD de mobiliser davantage de financement privé en Afrique en mettant au point et en renforçant les instruments de partage des risques pertinents », suggèrent-ils.
Pour cela, il est sollicité à la BAD et les institutions financières publiques nationales et régionales de « encrer localement, leur capacité à faire émerger davantage de projets de qualité, en particulier pour le climat, la santé, l’éducation, les infrastructures et le secteur privé » indispensable à la réussite de toutes les mesures prises à l’échelle internationale pour financer efficacement les économies africaines.
A.O Yazid
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