La Gazette

des Comores

Tension entre Mrodjou et Beit-Salam / Hassane Hamadi emboîte le pas à l'opposition

Tension entre Mrodjou et Beit-Salam / Hassane Hamadi emboîte le pas à l'opposition © : HZK-LGDC

Le torchon brûle entre le gouvernement et l'exécutif de Ngazidja. La déclaration commune signée par l’ensemble du cabinet du chef de l’Exécutif de l'île n'est pas de nature à apaiser une atmosphère déjà délétère. Mrodjou appelle ouvertement à faire barrage au referendum annoncé par le président Azali.


L’exécutif de Ngazidja hausse le ton à quelques mois de la date du referendum constitutionnel. Dans une déclaration commune dont une copie circule déjà sur les réseaux sociaux, il ne fait aucun doute que les hostilités sont ouvertes. La majorité du cabinet de l’Exécutif de l'île déclare « anticonstitutionnels », les multiples actes pris par le président de la République à l'égard des institutions telles que la suppression par décret de la « commission anti-corruption (…) la suppression de la cour constitutionnelle, garante de la loi, du déroulement des élections ou de toute autre consultation référendaire ».

 

L’Exécutif de l'île s'insurge à travers ce document contre la décision de transférer « les prérogatives de la cour constitutionnelle à une cour suprême légalement incompétente ». Mrodju déclare illégale la désignation des représentants des îles autonomes dans les commissions électorales insulaires (Ceii) par la commission nationale électorale indépendante après autorisation par la Cour suprême, saisie par le gouvernement, après le refus de l’exécutif de désigner ses représentants.

 

Dans cette même lancée, le cabinet du gouverneur Hassane Hamadi dit condamner avec vigueur « les attaques répétées aux libertés fondamentales (…) le non respect de l'immunité des élus et l'interdiction des partis et mouvements politiques de tenir une réunion publique et ou privée ». D'une condamnation à une autre, Mrodjou considère que le processus référendaire est « anticonstitutionnel et donc illégitime pour chaque citoyen loyaliste ou démocrate ». Et d’appeler au retour « de l'ordre constitutionnel avec le rétablissement de la cour constitutionnelle et des libertés publiques, avant d'organiser des élections qui peuvent plonger notre pays dans une situation d'insécurité, d'instabilité, de séparatisme et de haine ».

 

L’exécutif de Ngazidja lance un appel à tous les démocrates, aux partis politiques, à la société civile, aux institutions qui se sentent lésées et qui partagent ces mêmes visions, ainsi qu'à la communauté internationale à se joindre à eux pour « faire obstacle à cette dérive qui menace la stabilité de nos institutions, la paix civile et le développement durable du pays ». Ainsi le gouverneur de l'île Hassane Hamadi ne fait que rejoindre les positions déjà exprimées depuis des semaines par le gouverneur de l’île de Ndzouani et l'union de l’opposition. Il y a donc fort à craindre que si un compromis n’est pas trouvé dans cette nouvelle crise politique, l’on assiste à un retour des vieux démons des conflits de compétences entre le pouvoir central et les exécutifs insulaires. Un bras de fer qui s’ajoute à l’imbroglio politico-juridique du placement en résidence surveillée de l’ancien président Ahmed Abdallah Mohamed Sambi.

 

Maoulida Mbaé

 


Les contenus publiés dans ce site sont la propriété exclusive de LGDC/HZK Presse, merci de ne pas copier et publier nos contenus sans une autorisation préalable.