La Gazette

des Comores

Ushe place la pêche au cœur de son programme

Ushe place la pêche au cœur de son programme © : HZK-LGDC

À Iconi, samedi dernier, le parti Ushe a réuni des citoyens et des pêcheurs pour une rencontre consacrée à la pêche et à l’économie bleue, dans le cadre de l’élaboration de leur programme « Barnamadji ya Ukombozi ». La rencontre était l’occasion de mettre en lumière les enjeux d’un secteur profondément marqué par des défis structurels pour son développement.


Dans son intervention d’ouverture, Dr Mohamed Rafsandjani, président en exercice du parti a rappelé que la pêche représente plus de 10% du PIB national, un poids jugé considérable pour notre économie. Pourtant, malgré cela, le secteur reste marqué par plusieurs fragilités structurelles. Il a souligné que « la richesse maritime des Comores ne peut continuer à être exploitée de manière dispersée. » Les interventions se sont penchées sur la création d’une chaîne de conservation et de séchage. Actuellement, une grande partie des poissons se perd faute de moyens appropriés pour la pêche et pour les conserver. Les intervenants ont insisté sur la nécessité de mettre en place des unités modernes de séchage et de conservation afin de garantir la qualité des produits destinés au marché local et à l’exportation. Les participants ont également abordé l’enjeu de l’exportation et de la stabilisation des prix. Trop souvent, les pêcheurs se retrouvent à vendre leurs produits à des tarifs aléatoires. L’idée d’organiser des circuits plus transparents et de créer des mécanismes de régulation des prix a été avancée.

Le représentant de la coopérative des pêcheurs d’Iconi, Ali Ishaka Moindjié, a pris la parole pour décrire les difficultés rencontrées dans le métier : manque d’équipements modernes, absence de zones clairement ouvertes à l’exploitation, et projets inachevés qui laissent les pêcheurs dans l’incertitude. La modernisation du secteur passe aussi par l’introduction de nouvelles technologies : systèmes de navigation, équipements de pêche sélective, et infrastructures portuaires. L’ouverture de zones exploitables, encadrée par des règles claires, est apparue comme une condition pour éviter la surexploitation et permettre une gestion durable des ressources. La rencontre a été l’occasion de tracer des perspectives. Les participants ont insisté sur la nécessité de terminer les projets inachevés, de renforcer la formation des jeunes aux métiers de l’économie bleue et de la pêche, et de bâtir une stratégie nationale inspirée des expériences réussies dans la région, comme aux Seychelles ou à Maurice.

Parmi les recommandations issues de cette rencontre, le parti Ushe pense moderniser et industrialiser le secteur de la pêche, renforcer la souveraineté maritime et garantir davantage de transparence dans les contrats de pêche et la gestion des ressources halieutiques. Ces priorités doivent s’accompagner d’infrastructures adaptées, de formation et de nouvelles opportunités pour la jeunesse selon leurs engagements. Car « réfléchir à l’avenir du pays, c’est aussi écouter celles et ceux qui le vivent au quotidien et porter leurs propositions ».

Aticki Ahmed Ismael


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