Le discours du président comorien était attendu, par ses opposants politiques, mais aussi et surtout par les organisations de la société civile qui avaient multiplié les mises en garde contre toute concession à la France sur la question de l’île comorienne de Mayotte. Il était attendu aussi dans la grande Ile qui est confrontée à la même problématique avec la France s’agissant des Iles éparses. Si les réactions ont été globalement positives, certaines dénoncent le maintien du dialogue bilatéral avec Paris pour le règlement du contentieux.
Le premier à dégainer après le sommet se trouve être le Comité Maore, qui a réagi via un communiqué transmis aux organes de presse et à travers les réseaux sociaux. Par la voix de son président, le Dr Mohamed Monjoin, le Comité a commencé par : « Féliciter les autorités comoriennes pour la résistance qu’ils ont opposé au projet français de poursuivre l’écartèlement de nos iles et pour la réaffirmation de la primauté du droit international. » Dans le même temps pour maintenir la pression sur les autorités comoriennes, l’organisation qui lutte pour le retour de Mayotte dans son giron naturel a exprimé une certaine déception « Sur le fait que le président de l’Union des Comores croit encore à un dialogue productif avec l’exécutif français sur la question de Mayotte. »
De son côté, le mouvement Naribarikishe Yi Komori a dénoncé ce qu’il appelle l’hypocrisie de la France. « Nous dénonçons avec force l’hypocrisie de la France, qui prétend défendre le droit international et la solidarité régionale tout en maintenant son occupation illégale de territoires appartenant à Madagascar (Iles Eparses) à Maurice (Ile Tromelin) et aux Comores (Ile de Mayotte). » Et ce dernier d’appeler les Etats membres à porter le contentieux devant les Nations Unies : « Le Mouvement Naribarikishe Yi Komori exige que les Etats concernés portent ce contentieux territorial devant l’Organisation des Nations Unies (ONU), constatant l’échec des négociations bilatérales ».
JIR Madagascar de son côté a essayé la comparaison entre Azali et Rajoelina sur les deux contentieux qui les opposent à la France : « Quand le président comorien dit tout haut ce que Rajoelina n’ose même pas penser » et de rajouter « sans détour, le président comorien a réaffirmé la position de son pays : Mayotte est comorienne, point barre. Il n’a pas mâché ses mots. Face aux caméras aux dirigeants présents, et la France représentée de manière directe ou indirecte. » L’hebdomadaire Jeune Afrique a parlé de son coté de l’opposition comorienne à l’intégration de Mayotte dans la COI. « L’Union des Comores s’oppose à l’intégration de Mayotte dans la COI car elle conteste la souveraineté de la France sur Mayotte », peut-on lire.
L’ancien président de l’Assemblée nationale, Mohamed Saïd Abdallah Mchangama, chroniqueur avisé de la vie politique comorienne a appelé à reconnaitre le travail diplomatique de Moroni. « Reconnaitre l’excellent travail préparatoire des diplomates comoriens, l’opiniâtreté du ministre des Affaires étrangères lors de la réunion ministérielle et la fermeté du Président Azali pendant le sommet, n’est pas donner un quitus au président comorien pour sa gestion du pays. » Une façon pour lui de rappeler qu’au-delà des oppositions et des divergences, il faut savoir apprécier les bonnes choses pour mieux critiquer ce qui ne marche pas.
Imtiyaz
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