À J-2 du scrutin, la campagne peine à mobiliser les électeurs. Promesses non tenues, désintérêt et attentes de renouveau façonnent un climat d’incertitude. Certains espèrent encore un changement, tandis que d’autres restent sceptiques.
À deux jours des élections législatives prévues ce dimanche 12 janvier, l’enthousiasme semble absent. Si certains soutiennent les efforts du gouvernement en place, d’autres dénoncent des promesses non tenues ou misent sur des candidats indépendants pour changer les choses. Dans les rues de Moroni et les villages environnants, le climat pré-électoral est marqué par une certaine indifférence. Alors que la plupart des électeurs expriment des opinions mitigées sur l’avenir politique du pays, quelques voix optimistes s’élèvent encore.
Un jeune homme croisé à Oasis, au nord de Moroni, répondant au nom d’Izdawir Mikidar, défend avec vigueur le bilan du parti au pouvoir, la CRC (Convention pour le Renouveau des Comores) : « Ils ont fait beaucoup pour le pays, notamment dans les infrastructures. On voit des routes, des projets en cours. C’est pour cela que je vais voter pour eux, il faut leur laisser du temps pour continuer ce qu’ils ont commencé. » De son côté, Hilal-dine Ben Cheickh rencontré à DHL estime que le gouvernement actuel a contribué à améliorer l’économie locale : « Depuis que la CRC est là, il y a des initiatives qui soutiennent les petites entreprises. Ce n’est pas parfait, mais on avance. Moi, je vais voter pour eux. »
En revanche, d’autres électeurs ne cachent pas leur désillusion. Hadidja Said, une mère de famille interrogée au rond-point Salimamoud exprime son exaspération. « Cela fait des années qu’on nous promet des changements. Mais on vit encore dans le noir avec les coupures d’électricité, et il n’y a pas d’eau. Je ne vois pas l’intérêt de voter si la situation reste la même », nous dit-elle. Même constat qu’un coiffeur à Hadoudja. « Je ne vais pas voter. Les politiques se souviennent de nous seulement pendant la campagne. Une fois élus, ils oublient les jeunes et nos problèmes comme le chômage ou les études. » Pour d’autres, le vote reste un moyen d’exprimer un choix, mais pas forcément en faveur des partis traditionnels. Soulé Kassim, rencontré dans une station de taxi à Volo Volo confie : « Je voterai pour un candidat indépendant. Ces grands partis ont échoué. Je crois qu’un indépendant peut mieux défendre nos intérêts et proposer des lois qui nous concernent », espère-t-il.
Une étudiante partage cet avis : « Les indépendants sont peut-être moins influents, mais ils sont souvent plus proches des citoyens. J’espère qu’ils feront bouger les choses à l’Assemblée nationale. » Ces témoignages reflètent une société divisée à l’approche de ce scrutin crucial. Si certains croient encore en des promesses de changement ou des bilans positifs, d’autres ont perdu confiance dans le système politique actuel. Le défi, à seulement deux jours des élections, est clair : mobiliser un électorat marqué par le scepticisme et l’indifférence.
Mohamed Ali Nasra
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