Réunis à Fomboni, de jeunes militants du mouvement Swauti ya Mwali ont exprimé leur ras-le-bol face à la gouvernance actuelle de l’Union des Comores. Entre dénonciation du chômage, rejet de la centralisation du pouvoir et revendication de la présidence tournante pour Mohéli en 2026, la jeunesse de cette formation politique appelle à un sursaut politique et institutionnel.
Des jeunes hommes et femmes membres du mouvement Swauti ya Mwali (la Voix de Mohéli) se sont réunis le dimanche 25 janvier au domicile du Dr Abdou Djabir, à Fomboni, pour débattre et s’exprimer sur la situation politique nationale. Une rencontre marquée par des prises de parole critiques à l’égard du pouvoir en place et par une revendication centrale : le respect de la présidence tournante en faveur de Mohéli en 2026. Chargé de restituer les échanges, Dr Abdou Djabir a résumé les interventions au nom des participants. Selon lui, tous les intervenants ont unanimement dénoncé ce qu’ils qualifient de mauvaise gouvernance et de gestion chaotique du pays par les dirigeants actuels. « Les Comores sont mal gouvernées », ont martelé plusieurs jeunes, estimant que les institutions se sont éloignées des principes constitutionnels issus de la réconciliation nationale.
Les jeunes du mouvement rappellent que la Constitution prévoit une présidence tournante entre les îles, et exigent que ce mécanisme soit appliqué sans ambiguïté au profit de Mohéli en 2026. À ce sujet, l’un des intervenants s’est référé à la déclaration historique du feu Mohamed Hassanaly, leader emblématique de Mohéli, prononcée le 17 février 2001, jour de la signature de l’Accord-cadre de Fomboni. Celui-ci dénonçait déjà une gestion inéquitable de l’Union, comparée à un terrain coutumier où certains profitent de leur part et de celle des autres, au détriment de l’équité entre les îles. Au-delà des revendications institutionnelles, la situation de la jeunesse a occupé une place centrale dans les débats. Chômage massif, absence de perspectives et indifférence des gouvernants : les jeunes estiment être « sacrifiés » par les politiques publiques actuelles. La politique menée par le président Azali Assoumani et les autorités locales est jugée « non acceptée par Mohéli ».
Les intervenants ont également plaidé pour une autonomie élargie de Mohéli, afin de permettre à l’île de développer pleinement ses potentialités, notamment dans l’agriculture, la pêche et le tourisme. « Mohéli est le grenier de l’archipel », ont-ils rappelé, appelant à une mise au travail collective pour créer de la richesse, générer des emplois et lutter durablement contre le chômage. Pour les jeunes de Swauti ya Mwali, la place de Mohéli dans l’Union doit être clairement affirmée en 2026. Un message ferme, adressé aux autorités nationales, au nom de l’équité, de la réconciliation et de l’avenir de la jeunesse comorienne.
Riwad
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