Face à la propagation rapide d’une nouvelle souche hautement pathogène du virus Ebola en Ouganda et en République démocratique du Congo, le ministère de la santé a tenu une conférence de presse jeudi 21 mai dernier. À travers cette rencontre, les autorités ont voulu appeler la population à renforcer sa vigilance face au risque sanitaire, tout en invitant à éviter tout mouvement de panique.
Le secrétaire général du ministère de la santé, Soudjay Mohamed, s'est voulu rassurant : « À l'heure actuelle, aucun cas détecté ni suspect n'a été signalé sur l'ensemble du territoire national. Néanmoins, face à l'alerte mondiale de l'OMS, nous appelons à une vigilance citoyenne de chaque instant pour minimiser les risques. » Notons que cette nouvelle variante Bundibugyo du virus Ebola inquiète particulièrement le corps médical en raison de sa vitesse de propagation et de sa dangerosité. Le directeur de la Lutte contre la Maladie, Dr Naouirou M'hadji, présent à la conférence, a rappelé qu'aucun vaccin n'est disponible pour cette souche, obligeant les hôpitaux à se rabattre sur des traitements purement symptomatiques. Il a insisté : « Face à une maladie si foudroyante et infectieuse, nous devons renforcer en urgence nos capacités de laboratoire pour détecter le virus très tôt, car une prise en charge symptomatique précoce est la seule chance de survie. »
En réalité, le cœur du problème réside dans la porosité des frontières maritimes. Des migrants en provenance des zones touchées par ce virus utilisent régulièrement des embarcations de fortune pour accoster sur nos zones côtières. Des points d’entrée qui ne sont pas concrètement surveillées. Un représentant de l'OIM était d'ailleurs présent à la conférence. Conscientes qu'un contrôle absolu à 100% est impossible, les autorités comptent former en urgence des agents de santé communautaires, des médecins et des paramédicaux dès les prochains jours. Ces équipes seront chargées de surveiller et d'investiguer chaque arrivée sur les côtes. Par ailleurs, nos autorités sanitaires demandent dans leur communiqué le strict respect des consignes : Pour les commerçants et les voyageurs, les liaisons commerciales avec la Tanzanie, l'Ouganda et les pays de la région se poursuivent, mais soi-disant sous haute surveillance. Les voyageurs doivent observer une hygiène des mains stricte, se conformer aux contrôles thermiques aux frontières et signaler immédiatement la moindre fièvre ou symptôme suspect (vomissements, diarrhées, saignements) à leur retour.
Quant au personnel des points d'entrée, les agents de l'immigration, les forces de sécurité et les personnels sanitaires des ports et aéroports sont soumis à une obligation de vigilance maximale. Ils doivent appliquer rigoureusement les protocoles de protection individuelle et notifier les autorités compétentes en temps réel au moindre cas suspect. Jusqu'à lors ce ne sont que des faits d'annonce, mais aux frontières il n'y a eu aucune consigne réelle. Si la période d’incubation du virus Ebola peut atteindre 21 jours, la surveillance doit être renforcée. Les déplacements de personnes en provenance des zones touchées et l’absence de contrôle sanitaire rigoureux aux frontières constituent aujourd’hui les principaux facteurs de risque.
Hamdi Abdillahi Rahilie
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