Une nouvelle souche hautement contagieuse du virus Ebola circule en République démocratique du Congo qui enregistre déjà 131 morts et 513 cas suspects. Mayotte a été placée en vigilance renforcée, même si les modélisations estiment le risque d’importation « très faible » sur l’île hippocampe. Qu’en est-il de ses trois îles sœurs qui se place de facto en première ligne, avec les flux migratoires en provenance de la région d’Afrique des Grands lacs.
La situation s’emballe car l’Organisation mondiale de la santé confirme que l'épidémie a franchi les frontières de la RDC pour atteindre l’Ouganda, où le décès d’un homme de 59 ans a été enregistré à Kampala. Sur le terrain, la transmission s’accélère selon un schéma inédit. Les scientifiques s’inquiètent du profil de cette nouvelle variante : les premiers retours cliniques décrivent une souche plus létale et plus contagieuse, face à laquelle les vaccins existants et les protocoles thérapeutiques standards s’avèrent inefficaces. Chez nous, le danger emprunte deux couloirs majeurs. Le premier est maritime et clandestin : des embarcations de fortune transportant des migrants du continent africain s’échouent régulièrement sur nos côtes, hors de tout contrôle ou tri sanitaire. Le second couloir est aérien et régulier. Ouganda abrite une importante communauté d’étudiants comoriens. Ces allers-retours permanents créent un pont épidémiologique direct avec le foyer du virus.
Nos autorités n’ont encore pris aucune mesure spécifique de prévention, attendant que la maladie franchisse le seuil de notre territoire. À ce stade, la direction générale de la santé n'a pas donné suite au questionnaire que La Gazette lui a adressé sur le sujet. Ce qui inquiète les spécialistes, c'est le profil de cette nouvelle variante. Elle serait, selon les premiers retours cliniques, capable de se transmettre plus vite et de provoquer des formes plus sévères que les souches connues. Aucun vaccin n’existe pour l'instant pour ce variant, et les protocoles thérapeutiques standards peinent à contenir son évolution. L’État attendra-t-il, comme pour la Covid-19 ou l'épidémie actuelle de mpox, que les premiers cadavres s'accumulent pour agir ? Selon nos sources, la réponse officielle suit un rituel habituel. Le Secrétaire générale du ministère de la santé, aurait convoqué la direction générale de la santé et la direction de lutte contre les maladies, ainsi que des partenaires techniques et le ministère des transports pour une réunion de coordination, hier à 14h.
En l'absence de traitement spécifique, la sensibilisation reste la seule arme préventive: éviter tout contact direct avec une personne présentant fièvre brutale, vomissements, diarrhée ou saignements inexpliqués, se laver les mains fréquemment avec de l'eau et du savon, ou une solution chlorée. Notons qu'un plan de contingence repose sur un maillon déjà rompu : les agents sanitaires de surveillance frontalière dénoncent une injustice structurelle. « On nous a formés, on nous a envoyés sur les quais pendant le Covid, pour le choléra, puis pour le mpox. Les primes promises ne sont jamais venues. Vous pensez qu'on va aller au contact d'Ebola, sans salaire, sans assurance ? Beaucoup diront non », confie une infirmière sous couvert d'anonymat, ayant participé aux précédents dispositifs. En effet, les arriérés s'accumulent depuis trois ans. Sans règlement, sans garantie de prime de risque, la mobilisation annoncée risque de rester théorique. Pour éviter une importation qui tournerait au désastre dans un système hospitalier déjà fragile, des mesures s'imposent sans délai.
Hamdi Abdillahi Rahilie
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