La Gazette

des Comores

KIYO mobilisée contre la surdité infantile

KIYO mobilisée contre la surdité infantile © : HZK-LGDC

Dans le cadre de la Journée mondiale de l’audition, célébrée le mardi 3 mars 2026, l’Association comorienne de lutte contre la surdité, KIYO, a mené une campagne de sensibilisation et de prévention dans les écoles primaires publiques de Mbouéni, à Moroni, ainsi qu’à Tsinimoichongo, dans le Mbadjini. L’objectif est d’informer élèves, parents et enseignants sur l’importance du dépistage précoce et de la prise en charge des troubles auditifs chez les enfants.


Dès les premières heures de la matinée, une équipe de l’association s’est rendue à l’école primaire publique de Mbouéni. Dans l’enceinte animée de l’établissement, des classes de CM1 aux élèves de la grande section de maternelle, l’attention était palpable. Au cœur de cette mobilisation, deux médecins engagés pour une cause commune, la Dre Farida Atoissi, spécialiste en ORL et chirurgie, et le Dr Zain El-Abidine Housseine, médecin généraliste, tous deux membres actifs de l’association KIYO. Les praticiens ont fourni des explications détaillées sur les signes d’alerte de la surdité. Parmi les symptômes figurent les difficultés à entendre correctement, les écoulements purulents répétés de l’oreille ou encore les infections mal soignées, qui nécessitent une consultation rapide.

La prévention a constitué un axe central de l’intervention. Les professionnels de santé ont vivement déconseillé l’usage des cotons-tiges ainsi que l’utilisation prolongée des écouteurs, des pratiques courantes mais potentiellement nocives pour l’audition des plus jeunes. La Dre Farida Atoissi a insisté sur la nécessité de consulter au moindre doute. « Tout signe inhabituel doit alerter. Si un enfant semble inattentif ou si des démangeaisons auriculaires persistent, il est impératif de consulter un professionnel de santé. » Un message fort a également été adressé contre la stigmatisation des enfants malentendants ou sourds. L’importance de l’inclusion et du respect a été soulignée. « Il ne faut jamais se moquer d’un camarade souffrant de problèmes auditifs. Ce n’est en aucun cas la faute de l’enfant. Il est fondamental de bannir toute forme d’importunité ou de harcèlement, quelle que soit la condition de chacun. »

À l’issue de la session, élèves et enseignants ont pu poser leurs questions aux médecins, instaurant un échange constructif et enrichissant. Mme Mariama Youssouf, directrice de l’école primaire publique de Mbouéni, a exprimé sa gratitude envers l’association. Selon elle, cette initiative permettra à l’équipe pédagogique d’être plus attentive aux signes évocateurs de troubles auditifs. « Nous avons dans notre établissement trois élèves concernés. J’encourage vivement les parents à se rapprocher des médecins spécialistes pour le bien-être de leurs enfants. », a-t-elle déclaré. Poursuivant leur mission, les membres de KIYO se sont ensuite rendus à l’école primaire de Tsinimoichongo, dans le Mbadjini. La secrétaire générale y a rappelé le rôle central des enseignants.

« Les éducateurs sont des relais d’information extrêmement puissants. Leurs paroles ont souvent autant de poids que celles des parents aux yeux des enfants. Il est crucial de les former à reconnaître les signes de la surdité, à adopter les bons réflexes de prévention et à accompagner convenablement un élève présentant des troubles de l’audition. » À travers cette campagne, l’association KIYO réaffirme son engagement en faveur d’un dépistage précoce, d’une meilleure prise en charge et d’une société plus inclusive envers les enfants malentendants.

Hamdi Abdillahi Rahilie

 


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