Cinq mois après l’apparition du virus aux Comores, la forte mobilisation observée au début de l’épidémie semble s’être progressivement estompée. Pourtant, le mpox continue de circuler dans la région et, à ce jour, les autorités sanitaires n’ont jamais officiellement annoncé la fin de l’épidémie.
En janvier 2026, la Mpox s’impose brusquement dans l’actualité sanitaire des Comores. Le ministère de la santé annonce les premiers cas, liés à une circulation régionale du virus, et déclenche immédiatement une riposte nationale. Dans les ports et les aéroports, les contrôles se renforcent, les voyageurs sont suivis, et la vigilance devient une consigne quotidienne. La communication est alors continue. Les équipes identifient les contacts, la surveillance s'étend sur les trois îles. Les premiers bilans rassurent sans lever l'inquiétude : transmission locale documentée, mais aucun décès aux Comores. Fin mars, l'arrivée annoncée de vaccins est présentée comme un tournant. Une campagne ciblée vise soignants, contacts et personnes exposées. L'espoir d'un contrôle durable s'installe. Puis, sans communiqué, le rythme change. Les points presse s'espacent, les chiffres ne sont plus publiés. Dans les médias comme dans les conversations publiques, le mpox disparaît des titres.
Pourtant, le contexte initial qui nous a amené à mettre ces mesures existe toujours. À Madagascar, l'épidémie déclarée le 30 décembre 2025 n'a jamais cessé. Le ministère de la Santé publique y comptait déjà 1 186 cas notifiés dont 539 confirmés dans 37 districts au premier trimestre, et la barre des 3 000 cas notifiés a été franchie le 25 mai, avec sept nouveaux cas signalés ce jour-là à Antananarivo. Un premier décès, celui d'une enfant de 3 ans, avait été confirmé le 2 mars. À La Réunion, les autorités sanitaires ont de leur côté confirmé deux cas importés de mpox en lien direct avec l'épidémie malgache, ce qui a conduit l'ARS à lancer dès le 9 février 2026 une campagne de vaccination ciblée.
À Mutsamudu, Amina Houmadi s'interroge : « Avant, on nous disait de faire attention chaque jour. Maintenant, plus personne n'en parle. Est-ce que c'est fini, ou on ne veut plus nous inquiéter? » Sur le terrain, des soignants évoquent pourtant des suivis à domicile et des tensions ponctuelles dans certaines structures. Sans données publiques, impossible de mesurer l'ampleur réelle. À Moroni, Said Ahmed Aly résume le malaise : « On a entendu parler des cas, des mesures, du vaccin… puis plus rien. Nous avons besoin de savoir où nous en sommes. On ne passe pas d'une urgence à un silence sans explication. »
Pendant ce temps, l'attention régionale se déplace vers une alerte Ebola en Afrique continentale. Aux Comores, des messages de vigilance sont diffusés, mais la question demeure : le mpox a-t-il été relégué au second plan ? Aujourd'hui, l'épidémie n'est plus au cœur des discours, mais elle n'est pas close. Entre maîtrise réelle et déficit d'information, le flou nourrit l'inquiétude. Or, l'échéance approche. Les grandes vacances débutent bientôt. Des étudiants s'apprêtent à rentrer de Madagascar et probablement des “je viens” de La Réunion aussi. Dans ce contexte, une vigilance sanitaire renforcée reste indispensable pour éviter toute réimportation.
Hamdi Abdillahi Rahilie
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