La Gazette

des Comores

Mpox : Quatre cas confirmés

Mpox :  Quatre cas confirmés © : HZK-LGDC

Sans surprise, le ministère de la Santé a annoncé, ce vendredi 23 janvier, quatre cas de Mpox confirmés aux Comores. Une annonce qui fait suite à nos révélations deux jours plus tôt. Les analyses ont été réalisées par le laboratoire national de santé publique opérationnel depuis récemment.


Les patients concernés sont ceux admis au Centre hospitalier régional de Sambakouni depuis le week-end dernier. Il s’agit de quatre jeunes hommes âgés de 16, 17, 21 et 39 ans, tous identifiés à Ngazidja. Selon les autorités sanitaires, ils ont suivi le même itinéraire de voyage : Majunga-Moroni. Un processus de commande de vaccins contre la Mpox serait actuellement à l’étude. D’après des sources proches du dossier, la confirmation officielle d’au moins un cas était indispensable pour enclencher cette démarche, aucune firme pharmaceutique n’acceptant de fournir des doses sans diagnostic positif confirmé. Depuis le secrétariat général du gouvernement, le ministre de la Santé et de la protection sociale, Ahamadi Sidi Nahouda, a tenu à rassurer la population. Il a indiqué que les trois premiers patients hospitalisés à Sambakouni « répondent bien au traitement » et que la situation reste « sous contrôle ». Selon les services de santé, trois patients sur les quatre sont actuellement en voie de guérison. En parallèle, des équipes ont été déployées pour assurer le suivi des cas contacts, c’est-à-dire les personnes ayant été en contact étroit avec les malades.

 

Malgré ces assurances, l’annonce a suscité de nombreuses réactions. Pour certains professionnels de santé, cette situation révèle un manque d’anticipation. « Nous avions demandé la fermeture des frontières, sans succès. Aujourd’hui, le virus est là », regrette un médecin. Dans la population, beaucoup dénoncent un déficit de communication. « On nous dit d’être vigilants, mais personne ne nous explique clairement ce qu’est la Mpox, comment elle se transmet, ni comment s’en protéger », confie une passagère d’un taxi à Moroni. Des parents s’inquiètent également pour leurs enfants et réclament des mesures plus strictes, notamment la fermeture temporaire des écoles. Les autorités assurent toutefois que la riposte est en cours. Plusieurs sites de prise en charge ont été identifiés à travers le pays. Selon Soudjay Mohamed, secrétaire général du ministère de la Santé, les proches des personnes infectées sont étroitement surveillés : « Des équipes sont mobilisées pour le suivi à domicile des cas contacts. Au moindre symptôme, ils seront immédiatement pris en charge afin de limiter la propagation du virus », explique-t-il.

 

Lors de la dernière réunion entre le ministère et ses partenaires techniques et financiers, le plan de contingence national a été présenté. Son budget prévisionnel est estimé à 1 070 391 930 francs comoriens, hors volet vaccination. Pour l’instant, le pays ne dispose d’aucune dose de vaccin. Toutefois, le gouvernement aurait engagé des démarches pour une vaccination ciblée, en priorité pour le personnel de santé, les agents des ports et aéroports, ainsi que les personnes à risque, notamment celles atteintes de maladies chroniques. Les autorités recherchent actuellement des financements et un appui logistique pour concrétiser cette commande.

Comme une grande partie de la population, l’on attend désormais une communication plus claire et régulière du ministère, notamment sur les gestes barrières et les moyens de prévention. À ce stade, aucune stratégie de communication nationale n’a encore été annoncée. Une chose est toutefois certaine : le pays est officiellement passé de la phase de préparation à celle de riposte face à la Mpox.

 

Hamdi Abdillahi Rahilie (stagiaire)

 


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