La Gazette

des Comores

Mpox : Une fête de l'aïd sous vigilance sanitaire

Mpox : Une fête de l'aïd sous vigilance sanitaire © : HZK-LGDC

Alors que le croissant lunaire annonçant la fin du mois sacré de Ramadan pointait à l’horizon, l’effervescence gagne nos routes et nos foyers. Cependant, cette année, l’Aïd El-Fitr se pare d’une dimension particulière. Au-delà de la piété et des réjouissances, les autorités sanitaires appellent à la vigilance. En cause : la persistance de l’épidémie de mpox.


L’Aïd El-Fitr est, par essence, la fête du rassemblement. C’est le moment des grandes prières collectives sur les places publiques, des accolades chaleureuses et des visites familiales qui voient des dizaines de personnes s’entasser dans les salons pour partager le traditionnel repas. C’est précisément cette proximité, pilier de la cohésion sociale comorienne, qui représente aujourd’hui le principal défi face à un virus qui ne demande qu'une occasion pour circuler. Rappelons que cette maladie se transmet par contact direct avec les lésions cutanées, les fluides corporels ou les gouttelettes respiratoires d'une personne infectée. Dans un contexte de fête où les poignées de main et les embrassades sont la norme, le risque de propagation serait donc démultiplié. Pour les autorités sanitaires la fête ne doit pas devenir le moteur d'une nouvelle vague de contaminations.

 

Les derniers chiffres du rapport du ministère de la santé, publiés le 18 mars, confirment que la menace plane toujours : avec un taux de positivité de 36,4%, le pays compte actuellement 2 cas actifs officiellement confirmés. Plus préoccupant encore, 6 nouveaux cas suspects ont été identifiés, illustrant une circulation active du virus à la veille des festivités. « Nous ne demandons pas à la population de renoncer à la joie de l’Aïd, mais d’adapter ses comportements », explique un responsable de la santé publique. Et de poursuivre : « Le respect d’une certaine distance, le lavage fréquent des mains et l’évitement des contacts physiques sont des gestes qui sauvent. » La lutte contre cette épidémie repose sur une réactivité de chaque instant. C’est ici que le dispositif de veille prend tout son sens. Le numéro vert 1717, accessible sur l’ensemble des trois îles, reste le rempart principal. Chaque citoyen est invité à signaler tout symptôme suspect (fièvre, maux de tête, ganglions enflés suivis d'éruptions cutanées).

 

L'enjeu est de briser la chaîne de transmission dès l'apparition des premiers signes. Durant l'Aïd, la densité des déplacements entre les villages et les quartiers rend le traçage complexe, la vigilance individuelle est ainsi la première ligne de défense. Parallèlement, un tournant administratif a été marqué le 18 mars à Moroni, par une note de service conjointe, les ministères des Transports et de la Santé ont acté la levée des mesures restrictives liées à la mpox pour les navires en provenance de Mayotte. Une décision de réouverture s’appuyant sur des garanties sanitaires venues de l'île soeur, notamment par une attestation officielle datée du 12 mars 2026, dans laquelle l’agence régionale de santé (ARS) a confirmé l'absence de circulation de la variole simienne sur l’île. 

 

Si cette décision assouplit les conditions de circulation maritime entre les îles à l'approche de l'Aïd, elle ne signifie pas pour autant la fin de la surveillance. Pour que la fête reste une bénédiction, quelques mesures simples sont préconisées. Privilégier les salutations verbales ou le geste de la main plutôt que l’accolade, assurer une hygiène stricte lors de la préparation des repas collectifs et veiller sur les plus vulnérables, notamment les enfants et les personnes âgées. L’esprit de l’Aïd est également celui de la protection de la Umma. Protéger sa propre santé, c’est avant tout protéger ses proches et son pays. 

 

Hamdi Abdillahi Rahilie

 


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