La Gazette

des Comores

Santé publique : Rappel de 27 lots de Doliprane 2,4% pour enfants

Santé publique :  Rappel de 27 lots de Doliprane 2,4% pour enfants © : HZK-LGDC

Le 23 février dernier, en France, l’agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) a procédé au rappel de 27 lots de Doliprane 2,4% suspension buvable pour enfants, en raison d’un défaut grave affectant les pipettes doseuses. À Moroni, l’Agence Nationale des Médicaments et des Évaluations sanitaires (ANAMEV) n’a, à ce jour, pas encore communiqué sur la présence éventuelle de ces lots sur le territoire comorien ni sur les mesures prises pour protéger la population.


Le problème identifié par l’ANSM est préoccupant. Les pipettes graduées fournies avec ces lots de Doliprane seraient « susceptibles de s’effacer progressivement après un rinçage à l’eau tiède ou chaude ». Cette défaillance, qui peut paraître anodine à première vue, est pourtant lourde de conséquences. Elle peut entraîner des erreurs de dosage et, par conséquent, « un risque potentiel de surdosage en paracétamol chez les nourrissons et les jeunes enfants (3 à 26 kg) ». Il est précisé que la qualité intrinsèque du médicament n’est pas remise en cause. Néanmoins, le dispositif de mesure, élément essentiel pour une administration sûre est clairement défectueux et potentiellement dangereux.

Face à cette alerte, plusieurs questions demeurent, à ce jour, sans réponse de la part des autorités sanitaires comoriennes : l’ANAMEV a-t-elle été officiellement informée de ce rappel ? Les lots concernés, identifiés de L033 à L062, sont-ils présents sur le territoire comorien ? Quelles mesures concrètes ont été mises en place pour informer et alerter les professionnels de santé (pharmaciens, médecins, hôpitaux) ainsi que le grand public ? Nous avons tenté d’obtenir des éclaircissements auprès de l’ANAMEV. Après avoir été redirigés du service de pharmacovigilance vers celui de l’inspection et de l’importation, l’agence n’a pas encore donné suite à nos sollicitations au moment où nous écrivons ces lignes.

Pourtant, le danger du surdosage au paracétamol est bien connu. Comme nous l’a indiqué un médecin spécialiste en pédiatrie, celui-ci peut entraîner des lésions hépatiques graves, potentiellement mortelles, en particulier chez les jeunes enfants dont l’organisme est plus fragile. Le Doliprane est un médicament largement utilisé pour soulager la fièvre et la douleur chez les enfants, ce qui rend ce défaut de fabrication d’autant plus préoccupant dans le contexte comorien, marqué par des épidémies récurrentes. Le droit à l’information en matière de santé publique est fondamental, d’autant plus lorsqu’il s’agit de la sécurité des enfants. Le rôle d’une agence comme l’ANAMEV est de protéger la population en garantissant la sécurité des médicaments mis sur le marché. Nous y reviendrons dans une prochaine édition.

Hamdi Abdillahi Rahilie

 


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