Le ministère de l’agriculture, de la Pêche et de l’artisanat, en collaboration avec l’office Comorien des produits d’exportation (OCPR), organise du 23 au 25 octobre à Moroni les assises nationales de la filière vanille. Placées sous le thème, « Ensemble pour redynamiser la filière vanille et assurer sa durabilité et sa compétitivité », cette rencontre intervient dans un contexte marqué par une crise mondiale du marché de la vanille, caractérisée par une baisse de la demande, une chute des prix, et une fragilisation économique des producteurs, préparateurs et exportateurs.
Face à ces défis, le comorien souhaite engager une réflexion collective et inclusive afin de définir une nouvelle orientation stratégique pour la filière. L’objectif est de structurer la filière et de renforcer sa gouvernance, de favoriser une meilleure coordination et un dialogue constructif entre les secteurs public et privé, de proposer des solutions concrètes pour assurer la durabilité et la compétitivité du secteur, et enfin d’élaborer une feuille de route pour renforcer la résilience et la performance de la filière à moyen et long terme. Ces assises constituent une étape clé dans l’élaboration et la mise en œuvre d’une stratégie nationale de développement des filières d’exportation, dont la vanille demeure un pilier essentiel de l’économie comorienne. Elles permettront également d’évaluer les forces et faiblesses du secteur, de partager des recommandations opérationnelles pour son développement et d’élaborer une feuille de route commune visant à améliorer la compétitivité, la traçabilité et la durabilité de la vanille comorienne.
« L’OCPR traite spécifiquement les affaires relatives aux filières de rente, notamment la vanille, le girofle et l’ylang-ylang, ainsi que celles à fort potentiel. Ces filières constituent la colonne vertébrale de notre économie. C’est pourquoi cette rencontre est d’une grande importance, car elle porte aujourd’hui sur la filière vanille », a déclaré Anlym Anlyane, directeur général de l’OCPR. Il a ajouté que la vanille comorienne traverse une crise persistante depuis la pandémie de COVID-19. Les prix ne cessent de chuter, les stocks s’accumulent dans les entrepôts, entraînant une augmentation des dettes pour les préparateurs. Les acteurs se trouvent aujourd’hui dans une impasse, non seulement économique mais aussi sociale. Ainsi, « dans notre quête de solutions, l’OCPR a entrepris plusieurs démarches. Parmi elles, notre récent abonnement à une plateforme agroalimentaire regroupant 245 acheteurs de vanille, la signature d’un partenariat avec une agence marocaine travaillant avec une multinationale, et d’autres initiatives visant à mieux intégrer la zone ZLECAf et les marchés asiatiques. À travers ces assises, nous voulons établir, de manière concertée, une nouvelle stratégie pour sortir de cette crise », a-t-il précisé.
De son côté, le ministre de l’agriculture, Daniel Ali Bandar, a souligné que depuis 2022, le prix de la vanille dégringole, une situation particulièrement préoccupante pour les producteurs et les acteurs de la filière. « J’invite tous les participants à saisir cette occasion pour exprimer nos difficultés. Ces trois jours d’échanges doivent être essentiels pour chacun de nous. Il faut orienter les débats de manière constructive afin que chacun puisse apporter ses arguments. Nous ne devons pas nous voiler la face » dit-il. Et de rappeler que « c’est grâce à la vanille que beaucoup d’entre nous ont été éduqués et élevés. Ce produit a profondément contribué à notre économie et à notre développement social. Pour ma part, la vanille a beaucoup compté dans mon parcours personnel. J’appelle donc chacun, durant ces trois jours, à faire preuve de responsabilité afin de trouver ensemble une issue favorable pour redonner à la vanille comorienne sa place sur le marché international », a-t-il conclu.
Nassuf Ben Amad
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