Suite aux tensions géopolitiques qui frappent le Moyen-Orient depuis quelques jours, le gouvernement comorien a tenu un point de presse le 02 mars dernier. Face aux risques de répercussions diplomatiques, économiques et sécuritaires, les autorités ont affiché une posture de solidarité envers les pays touchés, tout en appelant au dialogue et à la retenue. Les ministres présents ont également assuré la population de la stabilité des stocks alimentaires et énergétiques et annoncé la mise en place d’un suivi interministériel pour anticiper d’éventuelles conséquences.
Le secrétariat général du gouvernement a organisé ce lundi 02 mars un point de presse exceptionnel, à l’issue d’un échange interministériel avec le président de la République. Étaient présents, les ministres des Affaires étrangères, de l’Intérieur, de l’Économie, et de l’Énergie ainsi que le directeur de cabinet chargé de la Défense, et le conseiller politique du chef de l’État. L’objectif était d’informer la population, à travers la presse, des répercussions possibles de l’escalade au Moyen-Orient et de présenter les mesures prises sur les plans diplomatique, économique, financier et sécuritaire.
Prenant la parole après une introduction du secrétaire général du gouvernement, le ministre des Affaires étrangères, Mbae Mohamed, a exprimé la « forte préoccupation » de l’exécutif face aux frappes du 28 février dernier en Iran et aux représailles qui ont suivi. Il a affirmé que l’Union des Comores exprimait sa solidarité envers les pays arabes touchés par cette crise, notamment l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, le Qatar et Bahreïn, qualifiés de « pays amis », particulièrement en cette période de jeûne et de recueillement. « L’Union des Comores appelle toutes les parties à la désescalade, au dialogue et à la retenue », a-t-il déclaré. Il a également précisé qu’un recensement des étudiants, professionnels et ressortissants comoriens présents dans les zones concernées avait été effectué et que des dispositifs d’assistance étaient prêts à être activés en cas de détérioration de la situation.
De son côté, le ministre de l’économie, Moustoifa Hassani Mohamed, a tenu à rassurer la population quant à la sécurisation des stocks afin d’éviter toute spéculation interne. Il a souligné qu’aucune pénurie n’était signalée pour les produits de première nécessité, notamment le riz. « Nous travaillons avec les opérateurs économiques afin de renforcer les stocks. Sept mille tonnes de riz sont actuellement en cours d’acheminement », a-t-il indiqué. Il a ajouté que « les circuits logistiques d’approvisionnement via Maurice et le Mozambique fonctionnent normalement et ne sont pas affectés pour l’instant ». Conscient qu’une aggravation du conflit pourrait entraîner une flambée des prix du pétrole et des céréales, il a précisé que « le gouvernement surveille quotidiennement l’évolution des marchés internationaux afin d’anticiper toute fluctuation ».
Le ministre chargé de l’Énergie, Aboubacar Saïd Anli, a confirmé que les stocks de produits pétroliers et de gaz étaient disponibles et que la situation demeurait sous contrôle. Des alternatives avec des partenaires régionaux sont déjà à l’étude afin de garantir la continuité de l’approvisionnement en cas d’aggravation du contexte international. Il a insisté sur le fait « qu’il n’y a aucune raison de céder à la panique ». À l’issue de ce point de presse, le secrétaire général du gouvernement, Nour El-Fath Azali, a annoncé « la mise en place d’un suivi interministériel » destiné à coordonner les actions en matière de sécurité des ressortissants à l’étranger ainsi que de stabilité énergétique et alimentaire. Il a conclu en appelant la population au calme, tout en affirmant la vigilance des autorités face à une crise internationale.
Aticki Ahmed Ismael
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