La Gazette

des Comores

Institution communale : Le statut particulier de Moroni relance le débat

Institution communale :  Le statut particulier de Moroni relance le débat © : HZK-LGDC

L’auteur et juriste Anzaouir Ben Ali a animé, à la place Badjanani, le 27 février dernier, une conférence-débat autour de son ouvrage « De l’institution communale en Union des Comores ». Organisée sous le patronage de la mairie de Moroni, avec le CASM et le CCLB, la rencontre a réuni des personnalités publiques, dont le ministre de l’Intérieur et des notables de la capitale, afin de nourrir la réflexion sur la gouvernance locale et le statut particulier de Moroni.


L’événement, organisé avec le CASM et le CCLB, a constitué un moment fort d’échanges sur la gouvernance locale et le rôle des communes. Le livre, préfacé par Damir Ben Ali, président du Conseil des sages, retrace l’évolution de l’institution communale depuis les premières formes d’organisation villageoise, avant le VIIe siècle, jusqu’aux communes actuelles issues des lois de décentralisation de 2011. Dans son ouvrage, l’auteur décrit les étapes clés de cette évolution et soulève des questionnements sur les structures précoloniales ayant façonné l’organisation sociale des Comores. Il dresse également un état des lieux, en propose un bilan et analyse les résultats. « On compte aujourd’hui 54 communes et plus de 30 textes (lois, arrêtés, codes, actes, NDLR) qui encadrent l’institution communale », a-t-il rappelé.

Au-delà de l’analyse historique, l’ouvrage met en lumière les défis actuels, notamment la gestion budgétaire, les responsabilités des maires et la fragmentation des initiatives locales. C’est dans ce contexte que le statut particulier de la capitale Moroni est revenu au centre des discussions. « Le débat de ce soir donne l’occasion d’interroger et d’explorer des pistes de progrès sur le statut particulier de Moroni », a déclaré Hassane El-Barwan, grand notable de Moroni, lors de son intervention. De son côté, Antoissi Izidine, notable de Moroni, est revenu sur les délimitations des communes et l’installation des hôtels de ville. Selon lui, il n’est pas convenable que des chefs-lieux de communes soient installés dans des localités posant des difficultés aux institutions communales. Cette réflexion a relancé le débat sur la redéfinition des trois catégories de villes et villages, à savoir : Midji ya yezi (capitales), Midji mihu (grandes villes) et Midjindzé (villages).

Anzaouir Ben Ali ne s’est pas limité au constat. Dans son exposé, il a proposé des pistes pour redynamiser la gouvernance locale et renforcer la cohésion intercommunale. Une planification qui, selon lui, « adaptée aux réalités de chaque localité, peut donner un nouvel élan à l’institution communale ». Modérée par Anziz Koudra, président du CASM, la rencontre ne s’est pas arrêtée à cette seule thématique. Les organisateurs invitent les citoyens intéressés par les débats publics à participer aux prochaines rencontres prévues lors des deux vendredis suivants du Ramadan.

Aticki Ahmed Ismael


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