La Gazette

des Comores

Médias : Le mauvais quart d’heure d’Abdou Moustoifa à la police

Médias :  Le mauvais quart d’heure d’Abdou Moustoifa à la police © : HZK-LGDC

Notre confrère journaliste d’Al-watwan et correspondant de Reuters aux Comores a vécu une expérience traumatisante lorsqu'il a été convoqué à la police suite à une publication sur Facebook sur le sort réservé à la dernière vague de migrants arrivés aux Comores.


« Les 73 migrants dont 15 enfants, tous échoués à Salimani, vendredi, seraient abandonnés au commissariat central de Moroni depuis maintenant deux jours, sans assistance des autorités. Ce sont les policiers eux-mêmes qui cotisent pour leur donner à manger. Dans ce contingent, on y retrouve des Burundais, Tanzaniens, Rwandais et des Congolais ». Ce post d’Abdou Moustoifa date du dimanche 16 novembre et il n’a visiblement pas plu aux autorités qui, selon nos informations, chercheraient à garder l’informations sous les boisseaux pour des raisons qu’on ignore encore.

 

Vers 14h30 le lendemain 17 novembre, un pickup de policiers s'est garé en face du Journal Al-watwan, des agents ont surgi pour l'appréhender. Ceux-ci n’ont pas évoqué de raison précise, mais lui ont juste remis une convocation en exhortant que le journaliste se présente à la police dans les cinq minutes suivantes. Lors de son interrogatoire, notre confrère a été placé dans une salle avec trois policiers. Il a toutefois été autorisé à recevoir de la nourriture.

 

Il nous confie encore sous le choc : « Personnellement j’étais secoué. Ce n’est pas toujours facile de voir des officiers en uniforme débarquer dans mon lieu de travail pour essayer de m’embarquer alors que j’estimais n’avoir pas commis de faute. C’est traumatisant. Même si finalement ils ont accepté que je me rende moi-même, l’épisode est quand même pesant. Mais je tiens le coup grâce à la solidarité et au soutien des collègues et confrères des autres médias sans oublier le syndicat des journalistes. »

 

Ses collègues, solidaires à ses côtés tout au long de cette épreuve, ont informé ses proches de son arrestation et ont été présents pour lui. Finalement, le journaliste Abdou Moustoifa a été libéré le jour même sans inculpation. Le SNJC dénonce manifestement les méthodes de la police dans cette histoire : « C'était clairement une méthode d'intimidation de leur part. Nous appelons les autorités à respecter et à protéger les droits des journalistes, qui sont essentiels à la démocratie et à la liberté d'expression. », a déclaré Ahmed Bacar, le président du syndicat national des journalistes aux Comores.

 

Hamdi Abdillahi Rahilie (Stagiaire)

 


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