La police nationale de Moroni a interpellé dix personnes pour non-respect du jeûne les 25 et 27 février derniers, à la suite de signalements par des citoyens. Les faits se sont produits dans différents quartiers de la capitale. Les personnes concernées sont poursuivies pour entrave au libre exercice du culte, un délit prévu et puni par l’article 168 du code pénal.
Mercredi 25 février et vendredi 27 février derniers, plusieurs citoyens comoriens ont contacté la police nationale afin de dénoncer des personnes n’ayant pas observé le jeûne. La plupart des appels provenaient du centre-ville et des quartiers périphériques de Moroni, où le mois sacré est particulièrement respecté. Selon la police, l’un des contrevenants a été aperçu à la place du Conseil de l’île en train de fumer une cigarette en milieu d’après-midi. D’autres ont été signalés par des voisins alors qu’ils consommaient du couscoussa et du cola. Un autre individu a été repéré au stade de Moroni en train de fumer du cannabis. Un dernier a été retrouvé en état d’ivresse après un accident de voiture survenu en pleine journée, le mercredi 25 février.
« Nous avons reçu plusieurs appels mercredi et vendredi derniers. Les informations provenaient directement des citoyens, qui nous ont communiqué des adresses précises, parfois même le nom du quartier et l’heure approximative. Nous nous sommes rendus sur place, nous avons retrouvé les personnes indiquées et elles ont toutes reconnu les faits », a déclaré la police nationale. Elle précise que quatre personnes ont été interpellées le mercredi 25 février et six autres le vendredi 27 février. La police souligne que les personnes interpellées sont âgées de 19 ans à 45 ans. Parmi elles, un individu a été conduit au poste par les responsables de son village. Celui-ci aurait bu de l’eau de coco aux environs de 17 heures, dans son champ, à l’occasion d’un pari mettant en jeu un téléphone portable. L’affaire s’est rapidement propagée dans le village après qu’un témoin a assisté à la scène et en a informé les habitants à son retour. Les responsables locaux ont alors décidé de conduire l’intéressé au poste de police de Moroni.
Selon une source juridique, la loi sanctionne le délit d’entrave au libre exercice du culte. D’après l’article 168 du code pénal, « tout acte ostensible commis intentionnellement, de nature à troubler l’ordre public et les bonnes mœurs relatifs à la pratique du jeûne du Ramadan, est puni d’une amende de 150.000 à 250 000 francs comoriens et d’une peine d’emprisonnement d’un à six mois ». Par ailleurs, la police indique qu’une femme résidant à Moroni-Sahara l’a contactée en pleine journée après avoir entendu des gémissements dans l’une des chambres qu’elle loue. À la suite de ce signalement, une descente a été effectuée et un couple vivant en concubinage a été interpellé.
La police nationale précise toutefois : « Nous n’avons pas interpellé ce couple pour fornication. L’article 306 du code pénal exige, pour établir ce délit, la présence de quatre témoins dignes de confiance et d’autres conditions spécifiques. Nous ne disposons d’aucune preuve relative à ce chef d’accusation. Ils ont été interpellés pour entrave au libre exercice du culte. » Elle ajoute que « les intéressés sont restés entre 24h et 48h au poste avant d’être déférés au palais de justice de Moroni, puis placés à la maison d’arrêt ».
El-Aniou Fatima
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