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des Comores

Télécommunications : L’ACTIC dénonce un duopole qui pénalise les consommateurs

Télécommunications : L’ACTIC dénonce un duopole qui pénalise les consommateurs © : HZK-LGDC

L’association Comorienne des Technologies de l’Information et de la Communication (ACTIC), présidée par Hamidou Mhoma, a tenu une conférence de presse le 27 février dernier, consacrée à l’état du secteur des télécommunications aux Comores. L’association estime que le marché fonctionne en situation de duopole, une configuration qui, selon elle, limite la concurrence, influence la qualité de service et maintient des tarifs élevés pour les usagers.


Lors de cette réunion, le président de l’ACTIC a déclaré que « nous sommes dans une situation de duopole. Les offres et les tarifs sont quasiment similaires, ce qui réduit la possibilité pour les consommateurs de faire un véritable choix ». Cette configuration du marché se reflète dans les résultats récemment publiés par le régulateur sur la qualité de service. « Sur les 22 indicateurs de performance proposés, aucun des deux opérateurs n’a obtenu la moyenne », a rappelé Hamidou Mhoma. D’après les chiffres cités lors de la conférence, « Huri Telecom a validé 8 indicateurs sur 22 et Yas Comores 7 sur 22 ». Dans son communiqué, l’ACTIC qualifie ces résultats de « préoccupants » et appelle à « des mesures correctives dans des délais raisonnables afin d’améliorer durablement la qualité du réseau mobile ». L’association souligne également que « les conditions d’accès aux services varient selon les îles, certaines zones rencontrant davantage de difficultés en matière de couverture et de stabilité ».

Cette situation de faible qualité se répercute également sur la tarification et l’accès à la data. « La cherté de la data demeure un frein pour de nombreux usagers », a indiqué le président de l’ACTIC. L’association relève un écart significatif entre les offres en fibre optique et celles en internet mobile. « Le gigaoctet est facturé autour de 100 francs comoriens en FTTH contre environ 500 francs en mobile », précise le communiqué. Selon l’ACTIC, « une concurrence plus dynamique pourrait favoriser une évolution des offres et des tarifs ». Dans ce contexte, certaines alternatives ont été évoquées. Au cours de la conférence, le président de l’ACTIC a abordé la question du service satellitaire Starlink. Il a rappelé que « son utilisation n’est pas autorisée aux Comores » et que cette situation aurait favorisé « l’émergence d’un marché parallèle destiné à répondre aux insuffisances du réseau national ». Il a estimé qu’« une réflexion encadrée pourrait être engagée afin d’évaluer les conditions d’une éventuelle autorisation », tout en soulignant la nécessité « de préserver les intérêts nationaux et le cadre réglementaire en vigueur ».

Au-delà des infrastructures et des tarifs, l’ACTIC s’est également penchée sur l’usage du numérique dans le quotidien des jeunes. Concernant l’usage du téléphone portable en milieu scolaire, le président de l’association a plaidé pour « une approche fondée sur la sensibilisation et l’encadrement pédagogique ». Selon lui « le téléphone est aujourd’hui un outil d’apprentissage lorsqu’il est utilisé de manière responsable ». D’après les données citées lors de la conférence, le taux de pénétration d’internet aux Comores serait d’environ 30%. « Le numérique représente un levier important pour le développement économique, notamment à travers les activités en ligne », a souligné Hamidou Mhoma. En conclusion, face à cette situation de duopole et à ses effets sur la qualité des services et les tarifs, l’ACTIC appelle « les autorités, le régulateur et les opérateurs à renforcer le dialogue afin d’améliorer la qualité des services et de garantir un accès plus équitable au numérique pour tous les Comoriens ».

Mohamed Ali Nasra

 

 


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