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des Comores

Un drame qui relance les craintes d’une escalade entre villages voisins

Un drame qui relance les craintes d’une escalade entre villages voisins © : HZK-LGDC

Une nouvelle tragédie secoue la région de Bambao. Dimanche 8 juin, Youssouf Ali, âgé de 35 ans, surnommé MC et connu comme responsable de la page Facebook Ndruwani Actualité, a été mortellement agressé à l’arme blanche alors qu’il se rendait à un rendez-vous téléphonique. L’attaque s’est produite à l’entrée du village de Ndruwani, côté Serehini, sur un sentier menant vers Mwandzaza. Il a succombé à ses blessures peu après son arrivée à l’hôpital El-Maarouf.


La mort violente d’un jeune homme surnommé MC, relance l’urgence d’une réponse coordonnée face aux tensions entre Ndruwani et Mwandzaza Mboini. Les habitants, sous le choc, appellent à la vigilance et à la prévention. Le drame s’inscrit dans un contexte tendu. Depuis plusieurs années, les relations entre ses deux villages voisins sont marquées par des rivalités récurrentes, parfois violentes. Cette fois, tout laisse à penser qu’il s’agit d’un acte prémédité, possiblement un guet-apens. Plusieurs témoins évoquent des agresseurs originaires de Mwandzaza. La victime aurait reçu un appel l’invitant à se déplacer, sans se douter du piège tendu.

Selon les premiers éléments recueillis, l’agression a été particulièrement brutale : coup porté au thorax, dents arrachées, traumatisme crânien etc. La gendarmerie et le procureur, rapidement dépêchés sur les lieux, ont ouvert une enquête pour identifier les auteurs et comprendre les circonstances exactes de l’attaque. Le village de Ndruwani est en deuil, choqué par la violence de cet acte et par la perte d’un jeune homme engagé dans la vie communautaire. “MC était un garçon calme, toujours investi pour son village. Il préparait un événement pour l’Aïd. Personne ne mérite une mort pareille”, confie un proche, les larmes aux yeux.

Les tensions entre Ndruwani et Mwandzaza ne sont pas nouvelles. Elles trouvent leur origine dans des rivalités anciennes, exacerbées par des conflits territoriaux, des malentendus culturels ou encore des différends non résolus. Mais ces tensions ont récemment pris un tour inquiétant. “Ce n’est pas la première fois qu’il y a des affrontements, mais là, on parle d’un meurtre ciblé. Si rien n’est fait, ça risque de dégénérer, alerte un autre habitant de Ndruwani. On ne veut pas que nos enfants grandissent dans la peur ou dans l’idée que la vengeance est la seule réponse.”

Face à la gravité de la situation, de nombreuses voix s’élèvent pour demander une intervention urgente et visible des autorités. La population appelle la gendarmerie, les élus locaux et les chefs de village à renforcer la médiation, désamorcer les conflits latents, et surtout rassurer les habitants par une présence accrue sur le terrain. “Il est temps que l’État prenne au sérieux ces querelles inter-villageoises. On ne peut pas rester les bras croisés pendant que des jeunes tombent. C’est notre tissu social qui est en train de se déchirer”, estime une autre personne de ce même village.

Des campagnes de sensibilisation, des rencontres entre chefs de village, des patrouilles régulières, les suggestions ne manquent pas. Mais pour être efficaces, elles doivent être mises en œuvre sans tarder. Le plus grand risque aujourd’hui reste l’escalade. Dans un climat aussi tendu, la tentation de la vengeance peut vite embraser les esprits. “Ce meurtre ne doit pas devenir le point de départ d’un cycle sans fin”, insiste-t-il. Et d’ajouter : « Nous avons besoin de justice, oui. Mais surtout, nous avons besoin de paix ». À l’heure où le pays aspire à la cohésion sociale et au développement local, ces violences montrent à quel point le tissu communautaire est fragile et combien il mérite d’être protégé.

Mohamed Ali Nasra

 


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