Deux hommes originaires de Helédjé, âgés de 55 et 26 ans, ont été déférés le 3 mars dernier devant le tribunal de flagrant délit de Moroni après la diffusion d’une vidéo TikTok incitant au viol. Ils sont poursuivis pour enregistrement et publication d’images vidéo contraires aux bonnes mœurs. L’affaire a provoqué une onde de choc nationale et mobilisé les autorités ainsi que les institutions de protection des droits humains.
L’opinion a été récemment choquée par la diffusion virale d’une vidéo sur les réseaux sociaux dans laquelle un individu proférait des propos allant jusqu’à l’apologie du viol, y compris à l’encontre de mineurs. Ces déclarations, particulièrement choquantes en plein mois de ramadan, ont suscité une vive indignation. La violence des mots, souvent prélude à celle des actes, a immédiatement alerté les autorités. Les deux hommes, Mamoun Mohamed Chafiou, alias « délégué », et Moussa M’madi ont été interpellés le 28 février par la gendarmerie nationale, après saisine du parquet et du Ministère de la Promotion du Genre, de la Solidarité et de l’Information. Placés en garde à vue durant 48 heures, ils ont été déférés hier mardi 3 mars devant le tribunal de flagrant délit à Moroni.
Le plus jeune, étudiant à l’Université des Comores, est identifié comme l’auteur de la publication diffusée sur son compte TikTok. Il a été interpellé dans son village natal alors qu’il effectuait un travail manuel par le capitaine Toilib Said Mouigni, commandant de compagnie de Ngazidja. « J’ai reçu l’information de mon supérieur. Sur ses instructions, j’ai interpellé les deux hommes. Ils ont ensuite été déférés et entendus par le magistrat », a-t-il indiqué. L’affaire trouve son origine dans des échanges survenus sur la place publique, près de la mosquée de vendredi de Helédjé. Un homme portait une petite fille dans ses bras à la sortie de la dars, suscitant des commentaires. Mamoun Mohamed Chafiou lui aurait demandé de rentrer chez lui, estimant que l’enfant n’avait pas sa place dans ce lieu fréquenté par des hommes. Les discussions ont ensuite dégénéré, aboutissant à la diffusion de la vidéo incriminée.
Face à la gravité des faits et à l’atteinte portée à la dignité humaine, les institutions ont réagi avec célérité. Le Ministère de la Promotion du Genre a annoncé le dépôt d’une plainte formelle contre les mis en cause et leurs éventuels complices. De son côté, la Commission Nationale des Droits de l’Homme et des Libertés (CNDHL) a condamné ces agissements tout en rappelant l’importance du respect des principes fondamentaux de l’État de droit, notamment la présomption d’innocence et le droit à un procès équitable. Selon la gendarmerie, Mamoun Mohamed Chafiou ne jouirait pas de toutes ses facultés mentales, contrairement à Moussa M’madi, présenté comme l’auteur direct de la vidéo. Les deux prévenus devront désormais répondre des faits qui leur sont reprochés devant le tribunal. Cette affaire rappelle que la loi prévaut et que la dignité humaine demeure un principe fondamental que nul ne peut impunément bafouer.
Hamdi Abdillahi Rahilie
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