La Gazette

des Comores

125 cas d’agression sexuelle sur mineur à Ngazidja en 2019

125 cas d’agression sexuelle sur mineur à Ngazidja en 2019 © : HZK-LGDC

Le service d’écoute dans son rapport annuel de 2019 a enregistré 135 cas de violences sexuelles dont 125 sur des mineurs rien qu’à Ngazidja. Une situation alarmante qui doit attirer l’attention de tout le monde.


La violence sexuelle faite aux enfants devient de plus en plus fréquente. Rien qu’en 2019, le service d’écoute de Ngazidja a enregistré 190 cas de violences de différentes formes : sexuelles, culturelles, économiques, physiques, psychologiques.

Ce qui est le plus alarmant ce sont les 135 cas de violence sexuelle pour cette année 2019. De ce chiffre ressortent 125 cas qui concernent des mineurs abusés sexuellement. Les 10 autres cas sont des femmes adultes dont des handicapées.

Ce fléau est en pleine expansion mais plusieurs affaires finissent par être tuées dans l’œuf souvent par arrangement. « Ce qui est vraiment touchant sur cette question, est la violence sexuelle faite aux enfants de moins de 5 ans » déplore Mradabi Mziarani, responsable du service d’écoute à Ngazidja. 

Au niveau de la justice, les dossiers trainent et beaucoup de victimes sont celles qui se voient déboutées. Coté service d’écoute, ce ne sont pas les idées qui manquent pour faire améliorer les choses. « Je suggérerais pour accélérer les dossiers judicaires de violence, qu’on délègue un substitut spécialement pour le cas de viol ».

« Les cas ne cessent de croitre de jour au jour. Et on constate que rien n’est fait pour faire reculer ce fléau », poursuit notre interlocuteur, avant d’ajouter que « les violeurs d’enfants sont parfois protégés par le système. A défaut, ils font deux jours en prison et on les fait libérer. Des décisions qui ne facilitent pas la réduction des actes de viol ». Pas qu’elles ne facilitent, elles pénalisent les victimes.

Il faut reconnaitre qu’en dehors du système judiciaire qui n’est pas trop favorable à la protection de l’enfant, les parents portent une lourde responsabilité. Ils sont nombreux à préférer se muer dans le silence en cas de viol sur leur enfant, malgré les actions de sensibilisation qui ont été menées par le service d’écoute et financées notamment par l’Union Européenne et l’Unicef en 2016 et 2018.

L’année dernière, une famille avait menacé de s’en prendre à la personne qui a porté devant les autorités compétentes l’affaire d’une petite fille violée et qui n’a pas été envoyée à l’hôpital puisque la grand-mère ne voulait pas « souiller » son image. La victime qui présentait des lésions a pu heureusement être sauvée, au final.

Andjouza Abouheir

 


Les contenus publiés dans ce site sont la propriété exclusive de LGDC/HZK Presse, merci de ne pas copier et publier nos contenus sans une autorisation préalable.