Plusieurs sociétés d’État ont ou avaient envoyé au chômage une partie de leur personnel pour lutter contre la propagation du coronavirus. Une mesure assortie d’une réduction sur la rémunération.
Comme chaque année, le monde célèbre la journée internationale des travailleurs et le pays ne fait pas exception. Cette année, pour des raisons liées à de crise sanitaire de la covid-19, la Confédération des travailleuses et des travailleurs des Comores (CTC) a organisé une conférence de presse au lieu de la traditionnelle manifestation de rue. Face aux difficultés qui pèsent lourd sur les travailleurs, la CTC appelle à un dialogue social « franc et honnête » entre le gouvernement, les organisations syndicales, patronales, et les travailleurs pour mieux relancer l’économie en cette période de crise.
Devant la presse samedi 1er mai, la CTC a saisi l’occasion pour évoquer les problèmes qui gangrènent les travailleurs comoriens. Le secrétaire général Salim Soulaimana s’est inquiété qu’avec la pandémie, les injustices sociales soient de plus en plus alarmantes. « Cette crise sanitaire nous a aidé à mieux comprendre la fragilité de notre tissu économique. Elle nous a aussi permis de voir les limites du capitalisme et les faiblesses de la mondialisation, de l’économie dont beaucoup nous parlaient avec merveille ».
D’après le conférencier, les travailleurs comoriens sont en train de payer le prix fort en commençant par ceux qui travaillent dans l’informel. En effet, ils sont nombreux ceux qui ont perdu leurs revenus dès les premières mesures contre la Covid-19 et malheureusement « aucune approche d’accompagnement n’a été retenue à leur égard et malgré quelques annonces des autorités publiques ». « Nous avons constaté la mise au chômage à longue durée des travailleurs de plusieurs sociétés d’État, de petites entreprises fermées, des suspensions voire des licenciements de certains fonctionnaires au mépris de la loi, le non versement des cotisations dans les caisses de sécurité sociale, la restriction des libertés individuelles et de la presse, l’augmentation des prix des denrées de première nécessité, flambée des impôts … », énumère le syndicaliste.
La confédération s’étonne encore plus de la saturation de la FOP. « L’on nous parle souvent d’une saturation de la Fop, donc pas de recrutement et pourtant depuis 2012 à nos jours, environ 400 fonctionnaires sont partis à la retraire », dévoile-t-il tout en se demandant comment ils sont remplacés alors qu’aucun concours n’est organisé. En outre, la CTC reste convaincue que seul un dialogue social franc et honnête entre le gouvernement, le patronat, les organisations syndicales patronales et les travailleurs, permettra de « relancer l’économie en cette période de crise ».
Et compte-tenu des constats faits au cours de l’année 2020 à nos jours, la CTC demande au gouvernement et au patronat de « mettre fin au chômage technique dont certaines entreprises continuent à faire usage et rétablir les salaires de leurs employés. De concevoir un plan solide de relance économique, de mettre en place un salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG) etc… ».
Andjouza Abouheir
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