La Gazette

des Comores

450 jours après, Idi Boina recouvre sa liberté

450 jours après, Idi Boina recouvre sa liberté © : HZK-LGDC

Après près de 15 mois de détention, Idi Boina vient d’être mis en liberté provisoire par le juge d’instruction. Il a été arrêté depuis le 11 février 2019 dans le cadre du dossier de la mutilation de la main d’un gendarme lors du référendum du 30 juillet 2018. A l’issue de cette libération, le juge lui a interdit de quitter l’île de Ngazidja sans son autorisation.


Ancien compagnon du président Azali Assoumani au sein de la Convention pour le Renouveau des Comores (CRC), principal parti au pouvoir, Idi Boina vient d’être libéré après près de 450 jours de détention dans le cadre du dossier de la mutilation de la main d’un gendarme lors du scrutin référendaire du 30 juillet 2018. Bien qu’interdit de quitter l’île de Ngazidja sans autorisation du juge d’instruction, son avocat s’estime heureux du fait que son client a retrouvé sa famille. « C’est un grand ouf de soulagement », lâche Me Fahardine Mohamed Abdoulawahid en précisant que « le sentiment suivant est celui d’une victoire de 15 mois de bataille judiciaire ». « Jamais je n’ai assisté à une procédure qui a dépassé les bornes comme celle de Idi Boina », poursuit-il.

 

Bien que soulagé, l’avocat d’Idi Boina considère qu’il y a une main mise dans ce dossier. Ainsi, il estime que « le juge d’instruction est sous influence » sans pour autant préciser de qui. « La motivation de celui-ci démontre qu’il n’avait pas depuis le début jusqu’à ce jour, aucun intérêt particulier à garder Idi Boina en détention préventive. Les conditions de retenir une personne en détention n’étant pas celles ayant motivé sa liberté. Sinon l’ordonnance serait autrement motivée », regrette-t-il. Confiant quant à l’innocence de son client, cet avocat exerçant au barreau de Moroni montre que le seul crime commis par ce dernier c’est « celui d’avoir soutenu une autre idéologie politique que celle du pouvoir en place ». « C’est un dossier purement politique malgré tout », profère-t-il.

 

L’avocat reste convaincu que toute la procédure a été basée sur une mascarade. Il va jusqu’à dire que « c’est une mise en scène, une mauvaise foi affichée ». « Quels sont les risques qui pesaient pour un renouvellement d’une infraction pour une personne qui a insisté sur son innocence et dont aucune preuve contre lui n’a été rapportée », se questionne l’avocat d’Idi Boina. Depuis l’arrestation de leur client à ce jour, les avocats d’Idi n’avaient pas croisé les bras, allant jusqu’à déposer 8 demande de mise en liberté d’office. « Depuis son inculpation, nous avons fait savoir au juge par des requêtes que cette procédure ne devait pas avoir lieu, vu qu’il y a ce qu’on appelle autorité de la chose jugée. […] Et voici qu’on nous signifie une ordonnance de mise en liberté provisoire », s’indigne l’homme en noir et blanc regrettant que le juge ordonne une liberté provisoire alors qu’ils avaient formulé une demande de mise en liberté d’office. « C’est une entorse à la loi », dit-il.

 

Pour ce qui est de la suite de la procédure, l’avocat dit que « il faut attendre l’ordonnance finale du juge d’instruction qui décidera de la suite. Soit une ordonnance de non lieu ou une ordonnance de renvoi devant la juridiction de jugement. Ce que nous ne souhaitons pas ». En attendant la suite du dossier, Idi Boina va pouvoir passer du temps avec sa famille et ses proches en cette période de ramadan et de crise sanitaire.

 

A.O Yazid

 


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