Les violences faites à l’égard de la femme et de l’enfant prennent de l’ampleur dans le pays. 279 cas ont été recensés en 2020, soit 61 cas de plus par rapport à l’année dernière. La Commission nationale des droits de l’homme et des libertés préconise la mise en place de mesures permettant à la justice d’être plus rapide et plus proche des justiciables.
Bien que plusieurs lois et conventions soient en vigueur pour protéger la femme et l’enfant, la violence à leur égard continue de prendre de l’ampleur. Selon le rapport 2019-2020 de la commission nationale des droits de l’homme et des libertés (CNDHL), de janvier à juin 2020, 279 cas ont été répertoriés, soit 61 cas de plus par rapport à l’année dernière. La Commission appelle la justice à prendre le taureau par les cornes. « On relève une persistance des abus et agressions sexuelles à l’encontre des enfants notamment des violences sexuelles, physiques, économiques et psychologiques ou émotionnelles et enfin la violence culturelle », montre le rapport de la CNDHL avant de poursuivre : « De même, sous l’influence du poids de la tradition d'une part et une corruption camouflée d'autre part, l’autorité judiciaire traite parfois, les affaires des mineurs en fonction des individus et surtout sans rigueur sur l'applicabilité des textes ».
Aujourd’hui, les initiatives de protection et de promotion des droits de l'enfant se heurtent à des contraintes liées à l'absence d'appui et de moyens logistiques aux institutions mises en place à cet effet, notamment les services d'écoute, la CNDHL et la brigade des mineurs. « Il a été noté l'absence d'un quartier de mineurs dans les lieux de détention à Ngazidja et Mohéli, alors que plusieurs recommandations de la CNDHL et des partenaires (CICR, Unicef) ont été formulées à cet effet », lit-on dans le rapport.
La CNDHL a salué l’engagement du chef de l'Etat de partir en guerre contre les actes criminels faits à l’enfant et à la femme lors de son discours à Hombo à l’occasion de la journée de lutte contre la violence. Ce qui fait que toutes les parties prenantes ont porté l'accent sur des actions portant sur la lutte contre les violences faites aux femmes et aux enfants. « Les professionnels de la justice contrairement aux années passées ont fait des efforts. Et pour la première fois, des audiences spécifiques pour le jugement des auteurs d'agressions sexuelles et viols à l'encontre des mineurs ont été tenues ».
Actuellement, on dénombre 307 personnes incarcérées dans les prisons du pays pour des faits d’agressions ou viols. Elles sont 174 prisonniers à Moroni, 108 à Anjouan et 25 à Mohéli. En tenant compte des cas enregistrés par les services d'écoute de janvier à mars, il y’a eu 144 viols dont 123 fillettes et 21 garçons. Un nombre à la hausse ces derniers temps. La CNDHL recommande que des mesures soient prises pour rendre la justice plus rapide et plus proche des justiciables. Notant l’importance du rapprochement de la justice, des personnes vulnérables, de la justice aux citoyens, des mesures spécifiques devraient être prises pour faciliter l’accès à la justice des personnes vulnérables notamment celles issues des zones reculées du pays.
Andjouza Abouheir
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