A l’approche du mois sacré de ramadan, les prix des denrées alimentaires sont au plafond. Il faut avoir un portefeuille bien épais pour remplir son panier de ménagère. Même les produits locaux, on a du mal à en acheter.
En attendant les nouvelles mesures du gouvernement pour encadrer les prix des produits de première nécessité, durant le mois de ramadan, la situation n’est pas du tout simple au marché de Moroni. Le kilo de tomate se vend déjà à 1.550 FC, les oignons à 1000 FC, l'ail à 2000 FC. Pour le poisson, le kg de thon rouge se vend à 1500 FC et pour les autres catégories le prix varie de 2500 à 3000 kmf le kilo. Pour les produits vivriers, un étal de 12 bananes se vend à 1000 FC, quatre ou cinq manioc pour 2000 FC, pareil pour la patate douce.
À quelques jours Ramadan, nombreuses sont les famille qui se plaignent de la flambée vertigineuse des prix des produits alimentaires. « Les choses ne sont pas du tout faciles dans les deux marchés de Moroni », explique, Asmata Youssouf, une mère de famille avec son panier à la main. Ayant faire un tour dans ces deux marchés, elle craint le pire. « Le ramadan ne sera pas facile cette année. Il faut un paquet d'argent pour remplir son panier de provisions. Ce qui est difficile pour une personne comme moi. Même si on nous dit que durant ce mois béni, Dieu nous accorde ses bienfaits », poursuit-elle.
À 46 ans avec quatre enfants, une dame rencontrée au marché de Moroni montre que si elle était seule à la maison, elle mangerait du riz et une boite de sardine. Mais, elle ne peut pas, car elle veut satisfaire ses enfants malgré ses moyens. « J'avoue que les prix ne sont plus à la portée de toutes les bourses. Je voulais juste faire quelques emplettes pour mes enfants, mais je ne pense pas pouvoir acheter. Quatre maniocs pour 2000 FC, je dois en acheter combien pour nourrir quatre enfants. Ce n'est pas possible… Avec mes maigres moyens, je suis incapable de le faire », dit-elle.
Et d’ajouter : « J'ai acheté juste 2 kg de tomates et 2 étals de manioc et il ne me reste rien. Je me demande comment on va faire pour le mois de Ramadan. Avec cette inflation, ça sera difficile. Et le problème dans notre pays c'est totalement le contraire de ce qui se fait ailleurs. Dans les autres pays on baisse les prix. Ici les vendeurs augmentent, même les produits qui ne sont pas importés. Pourtant ils prétendent être des musulmans ».
Plus loin, on aperçoit un monsieur qui fait les 100 pas. Vêtu d’une chemise blanche, un pantalon bleu et un sac, on voit directement l’enseignant. « J’ai fait le tour de ce marché pour pouvoir acheter quelque chose mais je n’y arrive pas. C’est trop cher. J’espère que cette question de vie chère aura une solution rapide. Le gouvernement, les opérateurs économiques, les vendeurs doivent s'asseoir autour d’une table afin de trouver une solution. Ça ne devrait pas continuer, sinon les classes moyennes comme les plus démunis ne mangeront pas à leur faim », s’inquiète cet enseignant du Lycée Said Mohamed Cheick de Moroni.
Pour rappel, il y a deux semaines, le ministre de l’économie, Mze Abdou Mohamed Chafiou était descendu sur le terrain pour observer les prix dans les marchés de la capitale et les supermarchés. Et selon lui, le gouvernement envisage d’encadrer les prix avant le mois de ramadan pour permettre aux Comoriens de passer un ramadan dans les meilleures conditions.
Nassuf Ben Amad
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