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Abdou Mbae Djoumoi : « Investir dans ce projet, c'est avant tout un devoir social »

Abdou Mbae Djoumoi : « Investir dans ce projet, c'est avant tout un devoir social » © : HZK-LGDC

Plusieurs projets de transformation des produits agricoles voient le jour dans le pays. Des jeunes diplômés qui, en dépit des moyens financiers limités accomplissent des grandes réalisations. Abdou Mbae Djoumoi, originaire de Vouvouni Bambao s’est mis sur la transformation de la tomate en ketchup, confitures et autres. Il répond aux questions de La Gazette des Comores / HZK-Presse.


Question : Vous êtes en train de monter une entreprise de transformation des tomates. Quelles sont vos motivations pour un tel projet ?

Abdou Mbae Djoumoi : D'abord, je suis à la fois physicien et chimiste, de formation, sortant de l'université d'Ankatso, à Madagascar. Après mon retour au pays en 2006, j'étais à la recherche d'un emploi dans l'enseignement en tant que professeur de physique chimie. J'ai pratiqué le maraichage des tomates et c'est à ce temps-là que j'ai compris la douleur et le désespoir de plusieurs agriculteurs. Car 60% de ma récolte, j'ai dû la distribuer gratuitement. Enfin le prix du kilogramme de tomate a chuté jusqu'à 150Fc et parfois on ne trouve personne pour acheter. C'est ainsi que m’est venu l’idée de mettre en place une unité de transformation et de conservation afin de redonner espoir à nos agriculteurs.

Question : Pourquoi la tomate ?

AMD : La tomate est un condiment de première nécessité. On l'utilise au quotidien dans nos foyers. Mais aussi un fruit plein de vertus dont notre organisme a besoin pour son développement. Ainsi investir dans ce projet, c'est avant tout un devoir social et plusieurs emplois directs ou indirects seront créés.

Question : Quelles sont les difficultés que vous avez rencontré concernant le lancement de votre projet ?

AMD : Nous sommes en phase de lancement et c'est un processus un peu long. Et c'est trop tôt d'en déduire des difficultés. Toutefois je peux parler de deux aspects majeurs faisant la lourdeur de l'administration si l'on veut être conforme dans le formel. Le deuxième est la matière première (la tomate), elle est trop chère dans les marchés. Et toutes les structures agricoles (coopératives, groupement d'agriculteurs, et individuel) veulent profiter de la situation du laisser aller dans le marché sur la fixation des prix. Donc personne ne veut discuter sur des prix raisonnables alors qu'en réalité le coût de production d'un kilo de tomate fraîche n'excède pas à 200 FC.

Question : Et quels sont vos besoins vis-à-vis du gouvernement en occurrence pour pérenniser votre production ?  

AMD : C'est plutôt sur les structures de financement qui doivent intervenir et réguler notre chaîne de valeur. Alors la PIDC en particulier, et le ministère en général, doivent mettre en place un cadre de régulation pour que chaque société puisse en profiter. Dans le cas contraire, certaines sociétés ne survivront pas. Les produits similaires importés avec lesquels on est en concurrence, je pense qu'il est temps pour l'Etat de se pencher sur cette question. C'est à partir de la que la production locale sera au rendez-vous.

Question : Vous avez eu la chance de participer sur des concours entrepreneurial. Avez-vous une considération particulière sur ces concours ?

AMD : Il y a presque deux ans et demi, j'ai participé dans plusieurs formations en présentiel et en ligne pour acquérir le savoir-faire dans la transformation agroalimentaire. Des expériences de transformation et de conservation ont été menées plusieurs fois pour mieux maitriser et définir un processus typique. Avec le lancement du concours de plan d'affaires CPA 2 du PIDC en 2022, j'ai sauté sur l'occasion et j'ai postulé. Dieu merci mon projet a été retenu puis financé. A l'heure actuelle, le processus d'installation et de vulgarisation de l'usine est en marche.

Question : Avez-vous une conviction sur la perfection de l'usine ?

AMD : Il est encore trop tôt pour en tirer des conclusions. Car nous ne sommes qu'au début du processus. Toutefois, il faut s'armer de patience et de persévérance. Aussi, il faut savoir que la vraie vie est une succession de bonheur et de malheur. Mais les moments douloureux sont aussi des vraies leçons pour s'améliorer.

Question : Récemment vous étiez au nombre de ceux qui ont suivi des formations à travers le projet DJI RUME à Innov Lab. Vous nous en parlez un peu ?

AMD : Pour moi ce qui s'est passé avec Inov' Lab est toujours positif. Même si mon projet a été recalé. La vie de tous les jours est la meilleure école qui existe dans ce bas monde.

Propos recueillis par Kamal Gamal

 


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