C’est dans la salle de conférence du CASM que l’association Humanicom a rendu hommage à Aboubacar Said Salim, membre actif de cette ONG qui prend en charge des enfants en situation précaire et dont la maladie nécessite une évacuation sanitaire. Un hommage porté par les proches du défunt qui ont honoré sa mémoire en retraçant sa vie et son parcours.
Une vague d’émotion a submergé la salle de conférence du CASM mercredi après-midi où un hommage loyal et chaleureux a été rendu à Aboubacar Said Salim, par ses frères et sœurs de lettre, de lutte, d’engagement, de rêves. « Il était de noble ascendance mais ne s’en est jamais vanté. Il a toujours été humble et a façonné son image et sa réputation par la force de son esprit brillant et par ses actes désintéressés et motivés seulement par l’envie de transmettre et rassembler », s’est ému Mohamed Said Abdallah Mchangama, ancien président de l’Assemblée fédérale, journaliste chroniqueur et ami du défunt.
Pour retracer sa vie, Ahmed Ouledi, enseignant chercheur à l’Université des Comores et proche du regretté, a projeté des images de celui qui a été de tous les combats : pour la liberté, l’éducation, le respect. Sur les photos, on y voit Aboubacar Said Salim jeune, lycéen entouré de ses camarades avec qui ils marqueront à jamais l’histoire du pays en se révoltant contre les abus du pouvoir colonial. Un évènement qu’il consignera plus tard dans son roman « Et la graine ».
Dr Ouledi citera son combat politique auprès du Front Démocratique, ses activités comme enseignant, poète, animateur de l’émission « Arbre à palabre », fondateur des clubs Kalam, Pohori, … Sur les images, on y voit aussi « fundi » - comme aiment à l’appeler tous ceux qui l’ont côtoyé - entouré des membres d’Humanicom, l’ONG à l’origine de cette commémoration. « Il nous a accompagnés dans notre combat pour évacuer des enfants qui devaient se faire soigner ailleurs. Il nous a énormément assisté dans la mise en place de conventions et partenariats avec les autorités, les ambassades et autres partenaires de l’ONG », a confié Dr Najwa Abbas qui compte parmi les membres fondateurs d’Humanicom dont la mission première est l’évacuation sanitaire d’enfants en situation précaire.
Pour honorer la mémoire du défunt, Damir Ben Ali, anthropologue, historien et chercheur a remis à titre posthume, un certificat de mérite aux enfants d’Aboubacar Said Salim au nom d'Humanicom. « Il est de ceux qui ont mis en place le premier Salon du livre au pays, et a toujours défendu la littérature et plus encore la jeune littérature comorienne ». Un moment solennel qui était précédé non sans grande émotion par un texte écrit et lu par Oum Salam, fille du regretté. « Papa, ta plume s’est arrêtée Mais l’encre n’a pas encore séché. Sa couleur est vive Son tracé urgent Son humour tordant ».
La plume est incisive. Le message, intense et fervent. « Papa comme signe de mon amour Comme symbole de mon engagement, A faire vivre ta mémoire, toujours Je veux partager ton éblouissement Tremper ma plume dans ton encrier Et continuer pour toi ce sublime verset : Allah est la lumière des Cieux et de la Terre ! ». Les reniflements et spasmes secouant les châles chatoyants des dames et bonnets beiges de l’assistance ont témoigné de l’intensité émotionnelle du moment. Même si ses pages se sont refermées, l’histoire qu’a écrite Aboubacar Said Salim continuera elle, de nous inspirer. Puisse son âme reposer en Paix.
S.Ch
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