Par une décision controversée, le gouvernement malgache a refoulé 280 passagers venant des Comores, dont trois femmes enceintes et treize enfants. Les passagers, qui ont embarqué sur le navire Acadie, ont vécu un véritable calvaire durant cinq jours, coincés en haute mer. Cet incident malheureux soulève des questions sur les droits humains et les normes de traitement des personnes, exposant la détresse de familles vulnérables.
À Mutsamudu, l'arrivée des passagers marquait la fin d'un voyage abrutissant. Les autorités locales, dirigées par le gouverneur Dr Zaidou Youssouf, ont accueilli les passagers avec compassion. « Nous avons vu des enfants, des personnes âgées et des femmes épuisées débarquer, leur visage trahissant les épreuves qu'ils ont endurées », a témoigné un observateur présent sur les lieux. De nombreuses familles se retrouvaient dans l'incertitude, tandis que d'autres, épuisées par le voyage, se préparaient à regagner Moroni à 20h00 ce dimanche 20 octobre.
Le gouverneur, accompagné d'autres autorités insulaires, a voulu montrer son engagement envers ces passagers en difficulté. « Sa présence ici est un geste de noblesse digne d’un responsable », a déclaré M. William Bosco, un membre de l'équipage du navire. Les autorités locales ont mis en place des mesures d'assistance, fournissant aux arrivants des besoins de base tels que la nourriture et l'eau, tout en s'efforçant de leur offrir un soutien psychologique face à leur traumatisme. La traversée a débuté le mercredi 16 octobre à Mutsamudu, mais s'est rapidement transformée en une situation d'urgence. Les passagers ont évoqué des conditions déplorables à bord, souvent sous-alimentés et sans accès adéquat aux soins médicaux. Alors que le navire naviguait en dehors des eaux comoriennes, l'absence d'assistance juridique a exacerbé le sentiment d'abandon ressenti par les passagers, qui se succédaient pour exprimer leurs angoisses et leurs peurs face à un avenir incertain.
Le cas de l'Accadie soulève des interrogations sur le traitement des migrants et la responsabilité des gouvernements. Les récits de ceux qui ont vécu cette expérience traumatisante rappellent l'urgence d'une réflexion sur les politiques d'immigration et la nécessité de garantir les droits des individus en détresse. Le soutien apporté par le gouverneur et les autorités locales, bien qu’apprécié, ne saurait effacer les cicatrices laissées par cette expérience traumatisante. La situation souligne l'importance d'un dialogue régional sur la migration et la solidarité entre les États comorien et malgache.
Au total, ils étaient 280 passagers à bord dont trois femmes enceintes, 80 passagers embarqués de Moroni, 13 enfants et 267 passagers adultes. Parmi eux, seuls deux malades sont autorisés à débarquer sur cinq munis de certificats médicaux. Une situation très alarmante selon le prétexte avancé par les autorités malgaches. « Le prétexte lié au choléra ne tient pas », dit le gouverneur, car, « les textes des pays membres de l’OMS, choléra ne figure pas sur la liste des maladies qui doivent imposer une fermeture de frontière », fait savoir le gouverneur.
Incroyable mais vrai, à ce niveau, les autorités comoriennes ont accepté de payer tous les frais médicaux pour des tests de dépistage, afin de faciliter le débarquement des passagers. Mais, « les autorités malgaches restent inflexibles d'un non catégorique », selon le premier magistrat de l'île. Le gouverneur d’Anjouan indique que les homologues malgaches n'ont pas informé ceux des Comores d'une éventuelle fermeture. Notons que le climat d'apaisement des passagers prouve encore une fois qu'il y a un solide lien social entre les deux pays, malgré ce différend.
Younès
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