La Gazette

des Comores

Accusé d’agression sexuelle, Abdallah Mirghane brise le silence

Accusé d’agression sexuelle, Abdallah Mirghane brise le silence © : HZK-LGDC

Il n’aura pas fallu beaucoup de temps pour réagir face aux accusations d’agression sexuelle dont il fait l’objet depuis samedi 27 mars. Dans un communiqué publié dimanche 28 mars, l’ancien ambassadeur Abdallah Mirghane assure n’avoir « jamais agressé quiconque dans [sa] vie et encore moins une femme stagiaire ».


Un long communiqué de deux pages pour tenter d’éteindre les rumeurs qui ont défrayé les chroniques pendant plus de 24H. Dimanche en début de soirée, alors que le mis en cause est entendu par la gendarmerie nationale, un communiqué que le conseiller diplomatique du ministre des affaires étrangères avait rédigé́ en avance est publié sur internet. C’est une longue plaidoirie inclinée sur deux pages, et signée Abdallah Mirghane. Celle-ci, alors que les accusations d’agression sexuelle sur une stagiaire dans son lieu de travail passionnent les internautes depuis la veille dans la journée, est un démenti du mis en cause qui, selon nos informations, était resté serein dans l’attente de l’enquête.

 

« Je n’ai jamais agressé quiconque dans ma vie et encore moins une femme stagiaire nièce de mes amies et collègues du ministère qui me l’ont dument présentée comme leur fille ». La victime présumée est en effet une nièce d’une collègue à M. Mirghane, qui n’est autre que sa prédécesseure au poste de conseiller technique du ministre des Affaires étrangères. C’est elle, le communiqué, qui annoncera à Mirghane les faits dont sa nièce l’accuse. Le mis en cause nie catégoriquement ces « allégations ».

 

Le conseiller dit qu’il avait rendez-vous samedi 27 mars dans son bureau avec la jeune femme dont le stage touchait à peine à sa fin. « À la date convenue je l’ai reçue dans mon bureau, dans la matinée pour un entretien rapide de 5 minutes pendant lesquelles elle m'a fait part de son projet professionnel. L’entretien s'est déroulé de manière très positive. …... Au moment de la raccompagner à la sortie du bureau, j’ai, semble-t-il malencontreusement cogné la porte sur elle. Cet acte d’une certaine maladresse, a entrainé un énervement de sa part sans que je ne réalise immédiatement la gravité des faits qui me seront reprochés faussement plus tard », poursuit celui qui se rappelle avoir été traité de « méchant » à la suite de ladite maladresse. « Un terme quelque peu simple, loin de définir l’horreur qu’elle dit avoir subie », tempère M. Mirghane dans son communiqué.

 

« Elle a ensuite dévalé les escaliers et a fait une chute en arrivant en bas. Je l’ai suivie pour lui apporter mon aide circonstancielle, une agente de sécurité l’a aidée à se relever. Elle a refusé mon aide et a couru de nouveau ce qui a provoqué une deuxième chute due à son ample vêtement qui avait causé sa première chute. Les agents tout autour l’ont transportée vers la salle VIP du ministère où de l’eau lui a été proposée. Elle a décliné et s’est précipitée vers l’extérieur et a chuté fort malheureusement une troisième fois », se rappelle cet ancien ambassadeur des Comores à Paris qui indique que le directeur du protocole « présent lors de cette énième chute l’a ensuite embarquée dans sa voiture » pendant que lui, il a rejoint une réunion au sein du cabinet ministériel.

 

« Aux alentours de 12h30, j’ai joint une autre de mes collègues qui se trouve être une autre de ses tantes. Celle-ci s’est présentée à mon bureau. À mon grand étonnement j’apprends que la jeune stagiaire a été emmenée à l’hôpital, et qu’elle a proféré des accusations à mon encontre. Elle m’accuse d’avoir tenté de l’enlacer, ce qui est bien entendu absolument faux ! Mon propos ne sera jamais de dénigrer les propos et autres allégations de cette jeune femme, mais de dire avec fermeté et détermination que je n’ai pas commis le moindre acte d’agression sexuelle ».

 

Abdallah Mirghane était entendu par la gendarmerie dimanche à partir de 18H avant d’être relâché un peu plus tard. Jusqu’à l’heure où nous bouclions ces lignes lundi en fin d’après-midi, la famille de la victime présumée n’avait pas porté plainte. Sa tante que nous avons contactée au téléphone n’a pas souhaité régir, disant préférer attendre « le moment opportun ». Quant à la question de savoir si les multiples chutes de sa nièce ne seraient pas favorisées par une crise d’épilepsie qui happerait de temps à autre cette jeune femme selon plusieurs de ses connaissances, notre interlocutrice a raccroché le téléphone juste après nous avoir annoncé qu’elle s’en remettra à la justice divine pour ces « allégations » portée contre sa nièce. Une allusion à la crise d’épilepsie que nous avons évoquée.

 

Il faut dire que la diligence avec laquelle cette affaire est conduite tend vers une manipulation de la part du ministère Affaires étrangères qui semble vouloir à tout prix se débarrasser d’un haut cadre que les tenants du pouvoir ne portent pas forcement dans leur cœur. Surtout que, selon nos informations, avant que le ministère des affaires étrangères ne saisisse le parquet, il n’a pas cherché à écouter la version du mis en cause malgré que celui-ci ait été disposé à le faire.

 

Andjouza Abouheir

 


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