À Mkazi, au cœur de la région de Bambao, sous l’éclat doré du matin, les équipes techniquess’activent. Leprojet d’approvisionnement en eau résilient face aux changements climatiques est dans sa phase finale. Les ouvriers, animés par l’urgence de leur mission, s’affairent autour des réservoirs presque achevés. Ils savent que, dans quelques mois, des milliers de personnes auront enfin accès à une ressource vitale qu’ils attendaient depuis trop longtemps.
Financé par le Fonds Vert pour le Climat (GCF), le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) et le gouvernement comorien, ce projet est bien plus qu’une simple infrastructure. Pour les habitants, c’est l’espoir d’une vie meilleure, libérée des contraintes liées au manque d’eau potable. Dans les régions de Bambao Yadjou, Itsandra et Sahara, la soif a toujours été une compagne silencieuse. L’accès à l’eau potable n’était pas garanti pour tous. Les ménages dépendaient des réserves d’eau de pluie, et chaque matin, les familles devaient parcourir les maisons à la recherche d’un peu d’eau, surtout pendant les périodes de sécheresse. Mais aujourd’hui, les habitants peuvent entrevoir une lueur d’espoir.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes. 17 des 18 réservoirs prévus dans la zone 1 sont presque terminés. Les deux forages creusés à Mkazi ont passé avec succès les tests de pompage. Les localités de Mkazi, Mvuni, Ntsoudjini, Dzahani II, Pvanadjou et Salimani accueilleront bientôt des réservoirs d’une capacité allant de 50 à 1 000 mètres cubes. Mvouni, Mkazi, Mavingouni, Tsidjé, Mirontsi, Salimani, Moroni Sahara et tant d’autres villages verront couler une eau propre et abondante, un rêve qui va devenir réalité pour plus de 105 000 bénéficiaires répartis dans 23 villages.
Dans les rues, l’excitation grandit. « Bientôt, nous n’aurons plus à marcher des heures pour avoir de l’eau », confie une habitante de Dimadjou Itsandra que nous avons croisé, le sourire sur le visage. Les enfants, eux, s’imaginent déjà pouvoir boire directement au robinet, un luxe inimaginable il y a encore quelques années. Adam Djabir, habitant de Tsidjé, ne cache pas son enthousiasme et se dit impressionné par les travaux effectués par les équipes techniques. « L’arrivée de l’eau potable à Tsidjé va changer les conditions de vie de la population. Les constructions, qui peinent à s’achever faute d’eau, vont pouvoir avancer. Les habitants auront la possibilité de brancher directement les tuyaux dans leurs ménages, et ceux qui n’ont pas les moyens pourront accéder aux robinets publics », explique-t-il.
Le directeur de l’environnement, Elamine Mbechezi, se félicite également de l’avancement du projet. « Nous apprécions la qualité du travail de l’entreprise chinoise qui réalise ces ouvrages. Sur les 18 réservoirs prévus, 17 sont presque achevés. Le seul qui reste est celui de Sahara, où nous n’avons pas encore résolu le problème foncier qui nous permettrait de construire ce réservoir pour alimenter les quartiers Sahara et la Coulée. Les propriétaires des terrains ne nous laissent pas faire passer les tuyaux ni construire l’ouvrage. Malgré cela, l’entreprise est dans les délais », souligne-t-il.
Sur le chantier, l’excitation est palpable. « Nous avons travaillé dur, mais nous tenons le bon bout », confie un ouvrier, un sourire fatigué mais satisfait aux lèvres. Chaque jour, les équipes ajustent les derniers détails pour respecter les délais. L’objectif est clair : garantir un accès fiable à l’eau potable, même dans les villages situés en altitude, où le relief complique la distribution. Pour la population, ce projet représente bien plus qu’une infrastructure. Il est synonyme de soulagement et de dignité retrouvée. « Toute ma vie, j’ai vu ma mère se lever avant l’aube pour aller chercher de l’eau », raconte Amina, une habitante de Bahani. « Mes enfants ne connaîtront pas cette corvée. » Bientôt, lorsque les premiers jets d’eau jailliront des réservoirs nouvellement construits, un chapitre se refermera et un autre s’ouvrira. Celui d’une population qui pourra tourner la page des pénuries d’eau.
Andjouza Abouheir
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