Le procureur de la République de Fomboni, Elamine Said Mohamed, est au cœur d’une controverse liée à l’acquisition d’un véhicule estimé à 23 millions de francs comoriens. En cause, un acte de vente établi à son nom. Contacté pour clarifier la situation, le magistrat affirme qu’il s’agit d’un véhicule de fonction financé par le ministère.
Les interrogations ont enflé après la diffusion d’un acte de vente mentionnant le nom du procureur comme acheteur du véhicule, sans référence explicite à l’État. Une situation qui a rapidement alimenté les soupçons, l’opinion publique se demande s’il s’agit-il d’un bien personnel ou d’une voiture administrative. Joint par nos soins, Elamine Said Mohamed balaie les accusations et assume le montant évoqué. « Les 23 millions, c’est exact. Mais le paiement n’a pas encore été effectué. C’est ainsi que fonctionne l’administration. On prend d’abord, le ministère des Finances paie ensuite », explique-t-il. Selon lui, le véhicule est destiné à un usage collectif au sein de la justice à Mwali, où, affirme-t-il, « aucun responsable ne dispose actuellement d’une voiture de service ». « C’est une voiture de fonction. Aucun chef de service n’a de véhicule ici. Elle sera utilisée par l’institution, pas à titre personnel ».
Concernant l’acte de vente qui porte son nom, le magistrat avance une explication pour le moins curieuse : le vendeur aurait exigé que le nom d’un particulier figure sur le document. « Le propriétaire voulait un acte de vente. Il a donc été établi à mon nom. Cela ne signifie pas que c’est un véhicule personnel ». Il rappelle par ailleurs qu’un précédent véhicule avait déjà été acquis lorsque lui-même occupait le même poste à Moroni il y a seulement quelques mois. « Un premier véhicule avait été vendu par un particulier et payé par le ministère des Finances. Aujourd’hui, c’est ma successeure qui en bénéficie ».
Face aux critiques, le mis en cause dénonce ce qu’il considère comme une tentative de discrédit. « Certains aiment nous mettre en difficulté. C’est pour cela que ces accusations circulent ». Reste une question centrale : dans un contexte où la transparence sur la gestion des fonds publics est scrutée de près, l’établissement d’un acte de vente au nom d’une personne physique, même pour un usage administratif, interroge et alimente la controverse. En toute légitimité.
Mohamed Ali Nasra
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