Le ministère des Transports parle désormais de « problèmes financiers » pour justifier la suspension de l’agrément d’AB Aviation dont un avion a fait un crash le 26 février avec 14 personnes à bord. Problème, c’était tout un autre argument qui a été brandi quelques jours auparavant, à savoir le « refus » de prendre en charge les victimes de l’accident aérien.
Alors que le 19 mars, pour suspendre l’agrément d’AB Aviation, le ministère des Transports s’était appuyé sur le « refus » de la compagnie de prendre en charge les victimes de l’accident aérien survenu le 26 février, aujourd’hui c’est un tout autre argument qui est brandi pour justifier… la même décision. En effet, le directeur de cabinet du ministre des Transports en conférence de presse le 25 mars dernier, a évoqué des « problèmes financiers » pour justifier la suspension de l’agrément. Les « preuves » pleuvent en avalanche pour accabler AB Aviation.
« La compagnie n’arrive pas à rembourser les billets de ses passagers jusqu’ à présent. Nous avons des preuves qu’elle a des dettes. Nous avons été saisis par Sahara Africain Company qui a repris ses avions pour des raisons d’impayés. Ce qui veut dire que ses avions ne sont pas partis en maintenance contrairement à ce que AB Aviation nous a fait croire. Jusqu’à présent nous n’avons pas vu la couleur de son assureur. En dehors de tout cela, AB Aviation a une dette de près de 36 millions de nos francs auprès de l’ADC. Nous allons lui envoyer un expert-comptable pour faire un audit. Et si nos soupçons se sont avérés, nous allons lui retirer définitivement l’agrément », devait détailler le directeur de cabinet.
Le ministère accuse également AB Aviation de n’avoir pas été présente à Mohéli après le crash alors que plusieurs témoins oculaires confirment avoir « vu » le directeur général d’AB Aviation Ayad Bourhane sur le terrain. Cette affaire n’est pas sans rappeler la crise qu’avait connue la même compagnie en 2017 quand elle a été clouée au sol pendant près de 9 mois. Le directeur de l’Anacm de l’époque, Jean-Marc Heintz, avait commencé à embêter l’autre compagnie de droit comorien Int’Air Iles. Il s’est avéré, au final, que le surnommé JMH était directeur technique d’une compagnie qui allait voir le jour sous le nom d’Air Ylang. Il eut fallu qu’il soit écarté de ses fonctions pour que les deux compagnies reviennent à la vie. Avec l’actuelle crise, reste à savoir à qui pourrait profiter la mort d’AB Aviation, unique compagnie comorienne à avoir obtenu la certification de l’aviation civile internationale (OACI) depuis fin 2020.
Andjouza Abouheir
Les contenus publiés dans ce site sont la propriété exclusive de LGDC/HZK Presse, merci de ne pas copier et publier nos contenus sans une autorisation préalable.

© : HZK-LGDC