La Gazette

des Comores

Affaire AB Aviation : Le secteur privé n’en démord pas

Affaire AB Aviation :  Le secteur privé n’en démord pas © : HZK-LGDC

Selon les organisations patronales, le ministre des transports Ahmed Bazi « remet en cause les compétences de l’Anacm » sur un audit financier qu’il a lui-même exigé sur AB Aviation. Les conclusions de cet audit devaient permettre au ministère de remettre à AB Aviation son agrément.


La Nouvelle Opaco (organisation patronale des Comores), le Modec (mouvement des entreprises comoriennes) et le Syncao (syndicat national des commerçants) ne cachent pas leur stupéfaction après que le ministre des transports, Ahmed Bazi, a traité d’« incompétent » son bras technique qu’est l’aviation civile, Anacm. Dans un courrier du 11 avril dernier, le ministère des transports avait saisi l’Anacm « pour diligenter une enquête interne » de la compagnie AB Aviation, afin de décider de lui remettre ou de maintenir la suspension de son agrément, qui lui a été retiré pour des raisons financières. L’enquête de 72 a démarré le lendemain et les enquêteurs ont recommandé dans leur rapport la remise de l’agrément.

 

« Malgré les conclusions de cet audit financier qui confirme la bonne santé financière d’AB Aviation et sa capacité à continuer son exploitation, le ministre des transports remet en cause les compétences de l’Anacm pour mener à bien cette mission. Face à cette inertie et aux conséquences graves d’un tel statuquo vis-à-vis des emplois en jeu, plus d’une centaine d’emplois en jeu, nous interpellons les hautes autorités de ce pays de se saisir de ce dossier pour que la levée de cette suspension se fasse dans les meilleurs délais », réagit les organisations susmentionnées, lors d’une rencontre avec la presse hier mardi au Select.

 

Aussi regrettent-elles le fait que les autorités prennent des sanctions alors que l’enquête ouverte n’a pas encore livré ses conclusions. « Nous nous soumettrons à la décision administrative qui découlera de l’enquête. Mais il ne fallait pas suspendre l’agrément avant, même si AB Aviation connaissait des problèmes financiers. Si l’on n’est pas en mesure de soutenir financièrement les compagnies aériennes, prière de les laisser en paix », tonne Hamidou Mhoma, vice-président de la Nouvelle Opaco. Son collègue Mohamed Keldi renchérit : « Prendre des sanctions avant même la conclusion de l’enquête est une démarche inouïe. Pour des grandes entreprises et compagnies aériennes comme Air France et Air Austral, l’État injecte de l’argent pour les soutenir. S’il y a injection d’argent, c’est qu’il y a problème financier. Est-ce que pour autant, leur agrément a été retiré ? Non », cogne celui pour qui le traitement réservé à AB Aviation « n’est pas du tout normal ».

 

Le rapport de l’audit mené par le directeur administratif et financier ainsi que le technicien comptable de l’Anacm conclut qu’AB Aviation « dispose d’une capacité financière lui permettant de continuer ses activités ». Les auditeurs ont dit avoir constaté qu’« au vu de sa solvabilité, la compagnie a fait des efforts considérables car elle a pu ramener son taux d’endettement à 15% malgré le contexte pandémique de la Covid-19 ». Aussi le rapport a-t-il souligné la volonté manifeste d’Exim Bank et BIC de pouvoir apporter à Ab Aviation un soutien financier pour relancer ses activités. Une nouvelle qui « rassure » selon les auditeurs. Au regard de la position du ministère des transports qui refuse de prendre en considération ces conclusions, les organisations patronales expriment des doutes quant à la volonté dudit ministère de coopérer pour la relance des activités de la toute première compagnie aérienne de droit comorien à obtenir la certification de l’aviation civile internationale.

 

Andjouza Abouheir

 


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