La Gazette

des Comores

Affaire Caisse de Retraite / La suite d’un long mystère

Affaire Caisse de Retraite / La suite d’un long mystère © : HZK-LGDC

Dans une lettre adressée au Conseil d’administration, les quatre agents de la Caisse de Retraite demande des comptes. Dans cette requête où les plaignants font mention d’une affaire grave, il est indiqué que jusqu’à ce jour, il n’y a eu aucun procès et que l’enquête interne ouverte après le vol n’a rien donné et que « rien n’est fait » pourtant tous ont repris le travail dans la même institution.


Une affaire mystérieuse. Nous sommes le 2 Janvier 2018, 18 millions Kmf disparaissent du coffre-fort de la Caisse de Retraite. Le jour suivant, quatre personnes dont le gardien, l’assistante comptable chargée de la gestion des recettes, l’assistante comptable chargée de la gestion des dépenses et le chef comptable sont arrêtés et placées en détention. Un mois après, trois des quatre prévenus furent relâchés et une en la personne de Sitti Thourayat Daoud est maintenue en détention pendant huit mois sans jugement. Tous ont repris le service, aujourd’hui et on n’en dit pas plus.

 

Dans la requête adressée au Conseil d’administration (CA), les plaignants outre la réparation des injustices commises par la direction demandent à ce que « justice soit faite » pour que « les vrais coupables soient appréhendés, jugés et condamnés ». Qui sont les vrais coupables ? Personne ne sait. Dans la même requête, les quatre signataires expliquent que « la liberté provisoire » dont ils jouissent « n’est pas un luxe ou une fin en soi ». « La vérité sur cette affaire doit éclater. Nous voulons montrer que dans cette affaire, nous sommes les boucs émissaires et nous désirons vivement faire démontrer notre innocence », ont-ils écrit.

 

Joint par La Gazette des Comores, Sitti Thourayat Daoud, l’assistance comptable chargée de la gestion des recettes, se réjouit d’avoir rejoint son travail en expliquant que « si une personne trébuche, elle se relève et continue son chemin ». Cette dernière raconte qu’après sa libération, elle a tenté à deux reprises de reprendre son travail mais que la porte lui a été fermée par la directrice de l’institution. « Je me suis rendu deux fois sur mon lieu de travail mais la directrice ne m’a pas laissé reprendre le service jusqu’à ce qu’elle (la direction) m’appelle », dit-elle bien que sur l’ordonnance de sa libération rien ne lui interdisait de reprendre le service précisant aussi n’avoir pas démissionné et/ou renvoyé. « Je suis reconduit au département de recouvrement », lance-t-elle avant de préciser n’avoir « plus envie » de revenir au service comptable car dit-elle avoir de pression qu’avant.

 

Sitty est-elle la principale victime ? Une question qui mérite une réponse car elle est la seule à avoir accroupi autant de mois en prison sans jugement. La jeune actrice et mannequin est forte bien qu’elle précise n’avoir pas reçu d’avancement sur son salaire contrairement aux autres. « On ne m’a pas avancé parce que parait-il j’étais absente et je n’ai pas reçu mes arriérées de salaire au motif que j’ai été incarcérée et comme j’ai été transférée dans un nouveau service. Je ne perçois pas mes indemnités », regrette la jeune actrice qui n’est pas la seule. Malgré les efforts fournis pour saisir le CA, le courrier des plaignants n’a pas été reçu. Selon le bureau du Conseil, cette dernière devait transiter par la direction avant d’atterrir au sein du Conseil. Les plaignants regrettent que le Conseil ne joue pas son rôle. « Le rôle du conseil d’administration est de défendre les intérêts de la caisse de retraite et des agents qui y travaillent. Ce qui n’est pas le cas aujourd’hui », explique Houratil-Aini Mzé Mouigni Ahmed.

 

Une autre plaignante montre que celui-ci ne travaille pas pour l’intérêt de l’institution. « Ce qui les intéresse, ce sont les enveloppes et les pauses cafés », lâche-t-elle. « Comment pouvez-vous expliquer que le conseil a siégé à deux reprises mais qu’en aucun moment, le dossier n’a été évoqué ? », s’interroge Sitti Thourayat qui regrette comme tous les autres plaignants le silence du personnel. « Le syndicat est censé nous défendre mais n’agit pas, les chefs des services n’ont pas agi et s’abstiennent de toute réaction », ajoute Houratil-aini. Pour les accusés, la direction prend des décisions sans consulter le CA et se base sur aucune disposition du code du travail. D’une autre source proche du dossier, le CA serait complice dans cette affaire. « Le fait de refuser de recevoir la lettre, tout est dit », Sitti qui se dit être dans le viseur des autres car elle refuse de se soumettre.

 

A.O Yazid

 


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