L’enquête judiciaire liée à une affaire impliquant une mineure de 13 ans connaît un rebondissement. Le chef du village de ynadoboueni, Hamada Ali Mchabouli, a reconnu avoir conservé trois convocations émises par la gendarmerie à l’attention de plusieurs personnes appelées à être entendues dans le cadre de la procédure.
Selon ses propres déclarations, il n’a pas transmis ces convocations aux intéressés. « Non, je ne leur ai pas remis les convocations. Cette affaire salit notre village », a-t-il affirmé. La dernière convocation concernait une audition prévue le lundi 15 juin à la gendarmerie. Les personnes concernées ne se sont pas présentées à cette date. Interrogé, le chef du village a indiqué que la mineure aurait confié à certaines personnes qu’elle était enceinte. « En tant que chef du village, je n’ai pas remis les convocations », a-t-il ajouté. D’après des sources proches du dossier, les enquêteurs s’intéressent désormais aux circonstances ayant conduit à la non-transmission de ces convocations. Le parquet examinerait notamment la possibilité de retenir des faits susceptibles d’être qualifiés d’entrave à la manifestation de la vérité. À ce stade, aucune décision judiciaire n’a toutefois été rendue sur ce point.
Par ailleurs, trois femmes font l’objet d’investigations dans l’affaire. Selon les éléments recueillis par les enquêteurs, deux habitantes de Bambadjani auraient conduit la mineure dans un lieu non précisé sans l’autorisation de sa tutrice légale. Il leur est notamment reproché d’avoir participé à des démarches visant à établir un supposé état de grossesse. Les investigations portent également sur le rôle d’une aide-soignante exerçant dans le village. Les enquêteurs cherchent à déterminer dans quelles circonstances celle-ci aurait affirmé devant plusieurs personnes que la mineure était enceinte et victime d’un viol. Selon le dossier, ces déclarations auraient été faites avant toute confirmation médicale officielle. L’enquête met en lumière plusieurs dysfonctionnements dans la gestion initiale de l’affaire.
Entendue par les enquêteurs en avril dernier, la mineure a déclaré avoir subi des pressions pour accuser son père de viol. D’après une source proche du dossier, elle aurait depuis interrompu sa scolarité en raison du traumatisme provoqué par cette situation. Elle résiderait actuellement à Gyadoboueni auprès de sa grand-mère paternelle. Selon des sources judiciaires, les investigations se poursuivent afin d’établir les responsabilités éventuelles de chacune des personnes citées. Les éléments médicaux versés au dossier semblent, à ce stade, contredire les accusations initialement relayées. Un certificat médical établi le 7 avril par la Dre Soumaya Ahamada Soilihi ne ferait état d’aucune trace de viol. Une échographie réalisée le 3 avril conclurait également à l’absence de grossesse.
Deux certificats médicaux produits en avril indiqueraient par ailleurs qu’aucune agression sexuelle n’a été constatée lors des examens réalisés. Lors de son audition, la mineure aurait reconnu avoir accusé son père sous l’effet de pressions exercées par son entourage. Ces déclarations font désormais partie des éléments examinés par les enquêteurs dans le cadre de la procédure en cours.
L’enquête se poursuit et plusieurs auditions devraient être menées afin de faire toute la lumière sur cette affaire.
El-Aniou Fatima
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