Le présumé pédophile de Mbambani, à l’origine de l’expulsion de la famille de la victime, est interpellé et placé en mandat de dépôt à la maison d’arrêt de Moroni depuis le 29 octobre. Une information judiciaire est ouverte.
Accusé d'avoir violé un jeune garçon de 12 ans, le présumé coupable est placé en détention provisoire le 29 octobre dernier, plusieurs semaines après la révélation de cette affaire qui a ébranlé le pays entier tant par son caractère sordide et la réaction du village de Mbambani qui s’en est pris à la famille de la victime plutôt qu’au présumé coupable.
Selon le procureur général qui a eu à recevoir une délégation du village où se sont déroulés les faits, cette interpellation n’est en aucun cas motivée par la pression sociale mais « seulement et uniquement » par l’article 144 du code de procédure pénale. Celui-ci stipule que « lorsque la détention provisoire de l'inculpé est l'unique moyen de conserver les preuves ou les indices matériels ou d'empêcher soit une pression sur les témoins soit une concertation frauduleuse entre l’inculpé et complices…, cette détention est nécessaire pour préserver l'ordre public du trouble causé par l'infraction ou pour protéger l'inculpé, pour mettre fin à l'infraction ou prévenir son renouvellement ou pour garantir le maintien de l'inculpé à la disposition de la justice ».
Pour rappel, c'était le 10 octobre que l'avocat de la victime, Me Djamal El-dine Bacar a dénoncé cette histoire sur les réseaux sociaux. Ce qui a lui a valu les anathèmes des villageois qui l’ont menacé, lui et le père de la victime, de poursuites judiciaires pour « diffamation » et « atteinte à l’image » de leur village. Si la plainte n’a jamais été déposée, l’avocat n’a pas échappé à un appel à la justice divine.
Notons que la notabilité de la région de Hambou a décidé de bannir le village de Mbambani. Un boomerang puisque ladite localité avait expulsée la famille de la victime pour avoir dénoncé l’acte de pédophilie dont a été victime leur fils de 12 ans, en portant plainte. Une initiative perçue comme un « déshonneur » par Mbambani. « Nous ne pouvions pas nous taire surtout qu’il s’agit nous d'un viol sur un enfant. Nous nous joignons aux associations de la lutte contre les violences. Désormais, ils (les habitants de Mbambani, Ndlr) n'ont pas le droit d'assister à nos festivités traditionnelles » jusqu'à nouvel ordre, explique un des décideurs de l’anathème le notable Chayhane Said Hassane, joint au téléphone par La Gazette des Comores.
Andjouza Abouheir
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