La Gazette

des Comores

Affaire des 50 kilos de lingots d’or : Les deux Malgaches livrés à leur pays

Affaire des 50 kilos de lingots d’or :  Les deux Malgaches livrés à leur pays © : HZK-LGDC

Sans surprise, Moroni a livré hier jeudi aux autorités malgaches Azaly Failaza et Pierre Stenny, poursuivis aux Comores dans l’affaire dite de trafic de 50 kilos de lingots d’or.


La délégation du gouvernement malgache conduite par le ministre de la justice n’est pas rentrée bredouille. Au terme de deux jours de négociations, elle est repartie à Madagascar avec les deux prévenus malgaches arrêtés et poursuivis aux Comores dans l’affaire dite de trafic de 50 kilos de lingots d’or. Azaly Failaza et Pierre Stenny ont en effet été embarqués tôt dans la matinée du 13 janvier dans le vol spécial de la délégation des cinq fonctionnaires de différents départements ministériels.

 

Des juristes de la place s’opposaient bec et ongles à cette « extradition ». C’est le cas par exemple de Me Kamardine Mohamed qui estimait dans notre numéro du 12 janvier que le dernier alinéa de l’article 6 de la convention d’entraide judiciaire entre Moroni « autoris[ait] le pays requis à refuser l’extradition d’individus faisant déjà l’objet de poursuites judiciaires sur son territoire. Ce qui est le cas des deux intéressés, arrêtés au matin du 28 décembre 2021 et placés en mandat de dépôt depuis le 05 janvier 2022 ».

 

Alors que, pour justicier le principe de réciprocité, les autorités comoriennes faisaient tantôt le parallèle entre l’affaire Bobocha livré aux autorités comoriennes début 2021 par les Malgaches pour des faits commis aux Comores, et l’affaires Failaza-Stenny arrêtés par les autorités comoriennes le 28 décembre pour des faits commis aux Comores, mercredi le ministre de la justice avait reconnu qu’il n’y avait pas de similitude entre les deux cas. Soit dit en passant, le Haut commissariat de l’ONU pour les droits de l’Homme avait qualifié l’extradition de Bobocha d’un « enlèvement extraterritorial commandité par l’État comorien ».

 

« Il est évident que les deux affaires n’ont aucune similitude. Il nous semble que celle de Bobocha soit relative à des faits d’atteinte à la sûreté de l’État supposés être survenus uniquement en Union des Comores, territoire souverain. Rien n’établit que des faits liés à ce dossier ont été perpétrés sur le sol malgache. Il va de soi que son extradition vers Moroni soit favorable. D’autant plus qu’il était déjà traduit devant une juridiction spéciale. Par conséquent, aucun rapprochement des deux cas ne peut se faire. La seconde affaire est inhérente à une tentative de sortie de marchandises sans autorisation douanière, ce qui relève de la législation et de la réglementation comorienne ; d’où l’impensable application de la règle ou du principe de la réciprocité sur ces deux affaires distinctes », avait réagi Me Kamardine.

 

Rappelons que c’était mardi 28 décembre dernier à 6h du matin que la gendarmerie a arrêté trois individus en possession de 50 kilos de lingots d’or à l’aéroport de Hahaya. Les trois comparses, deux Malgaches et un Comorien, étaient sur le point de s’envoler pour Dubaï à bord d’un jet privé arrivé du même pays depuis la veille. Deux jours plus tard, l’enquête de la gendarmerie a permis l’arrestation d’autres suspects, dont le directeur général des aéroports des Comores Yasser Assoumani et le douanier Fardi Abodo. Au total, 10 personnes sont inculpées pour association de malfaiteurs et participation à un groupe criminel organisé entre autres chefs d’accusation. Si les Comoriens sont envoyés à la prison de Moroni depuis leur inculpation le 5 janvier, les deux Malgaches eux étaient gardés dans une cellule de la gendarmerie transformée en prison annexe « pour des raisons de sécurité ». Interrogé par nos soins, le ministre de la justice qui a autorisé leur « extradition » n’a pas donné suite à nos requêtes.

 

Andjouza Abouheir

 


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