Le directeur général des aéroports des Comores Yasser Ali Assoumani, impliqué dans l’affaire de trafic de 50 kilos de lingots d’or, a introduit par le biais de ses avocats une demande de mise en liberté provisoire malgré les lourdes charges pour lesquelles il est mis en détention provisoire depuis début janvier.
Vendredi dernier, les avocats de Yasser Ali Assoumani, directeur général des aéroports des Comores impliqué dans le trafic de 50 kilogrammes de lingots d’or à l’aéroport de Hahaya, ont annoncé à la presse avoir formulé une demande de mise en liberté provisoire en faveur de leur client. Lesdits avocats ont dit estimer que l’affaire a pris une autre tournure depuis « l’extradition » des deux Malgaches Pierre Stenny et Azaly Failaza. L’état de santé du mis en cause est parmi les principaux arguments brandis par la défense qui s’interroge si leur client est réellement un « co-auteur » ou un « complice ». « Nous sommes sereins », devaient-ils assurer aux journalistes, avant d’expliquer la raison de cette étalage de quiétude : « Lors de l’instruction, notre client a montré qu’il est blanc comme neige dans cette affaire et ceci avec des éléments vérifiables », a affirmé Me Fatoumia Mohamed Zain, déplorant qu’ « il y a des irrégularités quelque part vu la garde-à-vue en question mais également le risque qu’une partie de la vérité ne sera jamais connue » par le fait que le gouvernement comorien ait rendu aux autorités malgaches Pierre Stenny et Azaly Failaza avant la fin des enquêtes.
Les avocats de celui qui n’est toujours pas démis de ses fonctions de directeur général des aéroports des Comores semblent avoir plus d’une corde à leur arc. Ils brandissent, cette fois, l’argument relatif à l’état de santé « dégradant » de leur client pour appuyer leur demande. « Nous avons essuyé un refus pour l’hospitalisation dans un lieu adéquat vu les conditions hygiéniques [déplorables] en milieu carcéral. D’ailleurs, il y a quelques jours son état s’est détérioré. On a été obligés de le placer au dispensaire de la prison », dénonce de son côté Me Hadji Chabani, qui, avec sa collègue, est loin de lâcher prise. En effet, ils ont saisi la Chambre d’accusation pour tenter de forcer leur destin, du moins celui de leur client. « Lors de l’instruction devant le juge, notre client a montré qu’il n’a pas de lien avec cette affaire. Ce qui nous donne davantage de détermination ». Les conférenciers affirment avoir « épluché tous les procès-verbaux » des personnes impliquées dans cette affaire. Un travail qui n’a fait, selon eux, que renforcer encore plus leur espoir quant à une suite favorable à leur requête.
Rappelons que c’était mardi 28 décembre dernier à 6h du matin que la gendarmerie a arrêté trois individus en possession de 50 kilos de lingots d’or à l’aéroport de Hahaya. Les trois comparses, deux Malgaches et un Comorien, étaient sur le point de s’envoler pour Dubaï à bord d’un jet privé arrivé du même pays depuis la veille. Deux jours plus tard, l’enquête de la gendarmerie a permis l’arrestation d’autres suspects, dont Yasser Ali Assoumani cité par un des prévenus malgaches. Ce dernier a d’ailleurs affirmé que le directeur général des ADC est « un type gourmand qui demande 20 millions de francs [comoriens] pour chaque cargaison ». Des accusations parmi tant d’autres dont le mis en cause aura certainement du mal à se laver.
Andjouza Abouheir
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