C'est sûrement l'affaire de sa vie. Elle l'a poursuivi en tant que chef de la diplomatie comorienne. La justice française en l'occurrence le tribunal de Saint Denis de La Réunion, vient de condamner Dhoihir Dhoulkamal à deux ans de prison ferme dans le scandale des RSA. Absent lors son procès, l'ancien Vice-président de l'Assemblée nationale devra répondre à un mandat d'arrêt international, pour qu'il aille purger sa peine dans les prisons de l'île Bourbon.
Protégé par son immunité ministérielle pendant quelques années, il est désormais livré à lui-même, dépendant tout simplement du bon vouloir de Moroni de le livrer ou non à la justice française. C'est désormais avec une épée de Damoclès sur la tête que l'ex ministre doit vivre à moins de trouver un arrangement pour rembourser les quelques 250 000 € de prestations sociales qu'il aurait subtilisé à la CAF (Caisse d’allocation familiale). Entre 2011 et 2020, l'ex ministre, qui a la double nationalité, aurait réussi à flouer les services sociaux français avec un montant non négligeable d'un peu plus de 251 000€, comme l’a révélé le Quotidien de la Réunion dans sa parution du 29 mai dernier. « Les faits reprochés se sont produits entre janvier 2011 et octobre 2020 ; l'ancien ministre qui dispose des deux nationalités française et comorienne, aurait également perçu des indemnité de la CGSS pour des soins et une affection longue durée pour une fraude globale estimée à 251 570 euros. »
Selon des éléments de l’enquête, le couple, ou du moins l'un d'entre les deux, aurait déclaré une maladie longue durée, qui nécessitait un traitement prolongé. En France lorsqu'un malade est reconnu en ALD (affection longue durée), son traitement peut être pris en charge à 100% par l'Assurance Maladie. Alors que l'homme d'Etat comorien se la coulait douce entre son poste de vice-président de l'assemblée, ensuite aux affaires étrangères, l'Etat français continuait à lui verser des sommes d'argent croyant qu'il était vraiment dans les limbes. Pour un ordre d'idée, si quelqu'un veut bénéficier d'un ALD, il doit souffrir au moins de l'une de ces maladies, entre autres (Certains cancers, les maladies cardiovasculaires graves, la sclérose en plaques, l’insuffisance rénale chronique, la maladie de Parkinson, la maladie d’Alzheimer...)
Outre l'assurance Maladie, le ministre aurait perçu d'autres prestations, tout aussi malhonnête, les uns des autres, jusqu'à percevoir des allocations Noël, alors qu'aux Comores où il vivait durant ce temps-là, Noël à ne fait point partie de nos tradition de fête. « Le ministre comorien aurait ainsi cumulé les prestations sociales à La Réunion, tout en vivant dans l’archipel. Allocations familiales, allocation logement, allocation de rentrée scolaire et même une prime de Noël. » Au-delà des conséquences judiciaires pour Dhoihir Dhoulkamal, cette condamnation soulève des nombreuses interrogations. Cette affaire, questionne aussi sur la pertinence des nominations aux postes clés. Si pour le recrutement d'un simple vigile, une enquête de moralité et souvent demandée parmi les pièces du dossier, on s'étonne qu’un ministre de surcroît en charge de la diplomatie ait pu cacher autant de casseroles. Pire, en plein exercice de ses fonctions, quand le dossier a été révélé, le ministre a été reconduit.
Imtityaz
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