Le juge d’instruction chargé de l’affaire Nazra a placé sous mandat de dépôt huit personnes impliquées dans ladite affaire. Le receveur central aux impôts ou encore l’agent comptable de Comores Telecom font partie du lot. Ces individus arrêtés depuis le début de la semaine dernière sont inculpés pour « participation à un groupe criminel organisé », « détournement de fonds publics » et « blanchiments » entre autres chefs d’inculpation.
Ce sont 8 personnes au total que la justice vient de placer sous mandat de dépôt à la maison d’arrêt de Moroni, depuis samedi 15 avril dernier, dans l’affaire dite Nazra, du nom de cette jeune femme suspectée d’avoir arnaqué des dizaines de personnes au moyen d’une pyramide de type Ponzi. Elles sont envoyées à la maison d’arrêt de Moroni dans l’attente de leur procès. Selon le procureur de la République, ces individus arrêtés depuis le début de la semaine sont inculpés pour faux et usage des faux documents administratifs, et complicité ; corruption ; escroquerie financière; association de malfaiteurs; abus de fonction; atteinte aux biens publics; blanchiment; concussion; conflit d'intérêt; détournement des fonds publics; participation à un groupe criminel organisé; spéculation illicite et enrichissement illicite. Comme le concède le parquetier, la liste des personnes à poursuivre est encore longue.
Pour le moment, les avocats ne font pas trop de bruits. Peut-être parce que nous ne sommes qu’au tout début d’une affaire qui ne semble pas avoir livré tous ses secrets. « Notre premier réflexe c’est de porter assistance à nos clients qu’ils soient coupables ou non », réagit Me Djamal El-dine Bacar. Cet avocat du receveur aux impôts affirme que « pour le moment » il ne peut pas se dire déçu par la décision de placement en mandat de dépôt. En revanche, « dans un aspect purement humanitaire, je dirais que c’est injuste puisque nous sommes en plein mois de ramadan, à l’approche de l’eid el fitr », devait-il relativiser devant les journalistes qui l’interrogeaient le jour même de l’audition de son client.
Nous sommes le mercredi 5 avril quand Nazra Saïd Hassani est arrivée aux Comores après avoir été arrêtée à l’aéroport de Madagascar où elle avait tenté de fuir avec sa petite famille. Elle est suspectée d’être au cœur d’une vaste opération d’arnaque de type Ponzi. Les préjudices sont estimés à plusieurs milliards de nos francs. Elle avait réussi à quitter le pays sous une fausse identité avec la complicité de quelques responsables au sein de la police. C’est sa date de naissance qui aurait permis aux enquêteurs de l’identifier et de la faire arrêter à sa descente de l’avion à l’aéroport d’Antananarivo. Cette affaire implique plusieurs personnes dont des cadres de sociétés d’État et d’institution de microfinance. La directrice exécutive de la Meck-Moroni est écartée de ses fonctions, suspectée d’avoir placé de l’argent de son institution dans ce système désapprouvé par la Banque Centrale, qui, soit dit en passant, ne fait pas l’économie des mots pour le condamner.
Andjouza Abouheir
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