La famille du jeune Yazid Chakir, décédé après son transfert de Samba à El-marouf porte plainte pour « négligence médicale ».
Quelques semaines après la mort du jeune Yazid, âgé de 16 ans, testé positif au cholera avant de décéder à El-maarouf le 26 février dernier, sa famille a décidé de porter plainte. Que s’est-il passé ? C’était lors d’une activité sportive scolaire, que le regretté aurait commencé à se sentir mal après avoir mangé un repas. Très vite, sa famille l’a envoyé à l’hôpital et c’est ici que le cauchemar commence. Dans un témoignage poignant, un de ses frères, Nomane Mohamed, livre les faits. « Mon frère a été testé positif au cholera à El-maarouf. Nous n’avons pas fait de débats, nous avons fait confiance aux médecins. On l’a transféré à l’hôpital Samba (dédié aux personnes positives au choléra, Ndlr). On nous a informés qu’il sera totalement pris en charge. Il vomissait et avait la diarrhée. On lui donnait à manger mais il n’avait pas d’appétit vu la maladie, il nécessitait de l’accompagnement.
Très vite, son état s’est aggravé, un jeudi, il a perdu toutes ses forces, il n’arrivait même pas à se lever pour aller aux toilettes. Il a appelé à l’aide aux soignants sur place mais aucun ne s’est présenté à son chevet. Il a marché à quatre pattes pour aller aux toilettes. Le vendredi matin, il nous a appelés pour nous faire part de sa situation. Très vite ma mère m’a appelé, j’ai enfilé mes habits, et je me suis rendu sur place. Je l’ai trouvé dans un état déplorable. Il n’arrivait ni à s’assoir, ni à se lever, et encore moins à manger. Je suis parti décrire sa situation aux responsables sur place. Ils m’ont répondu que ça devait être un trouble psychologique parce qu’il ne voyait pas les membres de sa famille. Je lui ai donné à manger alors qu’il était en position ventrale. Tellement il était extenué. Je me suis encore rapproché des responsables pour leur faire part de mon inquiétude. Ils m’on dit qu’il va reprendre ses forces et m’ont suggéré qu’un autre membre de la famille vienne à son chevet. J’ai donc appelé ma mère », se souvient non sans amertume cet agent de la Sécurité civile.
Il poursuit : « ma mère est venu rester à son chevet mais son état n’a malheureusement pas évolué. Pendant tout ce temps, aucun médecin ne s’est approché de lui. Ils étaient au niveau de la porte. Samedi vers 12 heures, mon frère était inconscient. On l’a transféré à El-marouf. Le responsable de la réanimation a expliqué qu’il faut que son test revienne négatif avant son admission. Mon frère est resté aux urgences de 14h à 20h pour qu’il soit autorisé à aller à la salle de réanimation. Pourquoi ce retard ? Je pense que c’est une négligence médicale. Nous pointons du doigt ces médecins. Nous n’avons jamais remis en cause sa positivité au choléra mais nous sommes écœurés de la négligence liée à sa prise en charge », déplore-t-il.
L’avocat de la famille, Me Hadji Chambani, exprime le désarroi des parents sur la prise en charge du jeune patient. « Nous demandons des explications à travers la justice, pour que la famille puisse faire son deuil. La famille a déposé plainte », annonce-t-il. Sous le coup de l’émotion, son grand-frère Housni Mohamed Chakir précise que deux choses poussent la famille à réagir. « Le remplaçant du premier médecin a annoncé aux gardes-malade que la victime aurait dû être transférée à El-maarouf depuis longtemps. Deuxièmement, c’est aussi un autre médecin qui a retrouvé l’état d’urgence à El-marouf, qui a accéléré les choses pour son test. Notre frère ne faisait pas de selles mais il vomissait le moment ou lui donnait son traitement. Il y avait aussi un problème d’oxygène », explique celui qui compte ouvrir une structure des personnes victime de négligence médicale en hommage à son frère.
M.Nomane précise qu’on a placé son frère sous oxygène pour une heure de temps, puis un autre qui ne fonctionnait pas. Il était sans oxygène jusqu’à 20 heures et en position dorsale. « Il avait des convulsions. J’ai demandé pourquoi son état s’est dégradé, j’ai eu comme explication qu’après analyse, il a fait de l'hypokaliémie, c’est-à-dire que son taux de potassium dans le sang était trop faible », révèle-t-il.
Andjouza Abouheir
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