Le militant de « Daula ya haki » (l’État de droit) et lanceur d’alerte Abdallah Abdou Hassane, célèbre sous le surnom de Agoi, est condamné à une peine de 5 ans de prison dont 4 ferme, à l’issue de son procès lundi 21 janvier. Ses avocats ont fait appel…
Encore une voix dissidente réduite au silence. Le tribunal de Moroni a décidé lundi 21 janvier de condamner Abdallah Abdou Hassane à 5 ans de prison dont 4 fermes. Un verdict qui a décontenancé plus d’un aussi bien par la légèreté des faits reprochés au prévenu que par le rapport complètement asymétrique qu’il y a entre le réquisitoire du parquet de la République qui avait demandé 2 ans de prison dont 1 ferme, et la décision du tribunal. « C’est un verdict particulièrement lourd et inattendu », s'abasourdit un de ses avocats Me Fahardine Mohamed Abdoulwahid, affirmant au passage avoir fait appel de cette décision.
Abdallah Agoi comme le surnomment ses fervents sympathisants est arrêté depuis le 6 janvier, à la veille d’une manifestation hostile au régime. Cette manifestation qui n’avait mobilisé qu’une poignée de personnes à Volovolo, Moroni, a été très rapidement dispersée. Agoi est accusé de « manœuvres de nature à compromettre la sécurité de l’État » par le tribunal. Une charge qui ne figure pas parmi celles qui étaient retenues par le juge d’instruction selon Me Gerard Youssouf, un de ses avocats. Il rappelle que son client était plutôt poursuivi pour « manifestation non autorisée » entre autres. Une infraction balayée d’un revers de main au cours de l’audience du samedi 19 juin, la myriade d’avocats ayant estimé qu’elle n’était pas établie pour la seule simple raison qu’elle n’est pas prévue par le nouveau code pénal promulgué depuis le mois de février dernier.
« Mon client a reçu un émissaire en prison qui lui a annoncé avant le verdict qu’il allait prendre 4 ans de prison ferme pour ensuite être gracié par le chef de l’État », a révélé devant les médias Me Gerard, au sortir de la salle de la salle d’audience ce lundi 21 juin. Mme Sabikia Ahamada Mze, une autre militante qui était arrêtée dans le cadre de la même manifestation est condamnée quant à elle à 2 ans de prison dont 1 ferme. Elle avait bénéficié d’une liberté provisoire le 11 mars après deux mois de détention provisoire. L’ancien ministre Youssouf Said Soilihi est lui condamné à une peine de 3 ans de prison dont 1 ferme.
Andjouza Abouheir
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