Le Gouvernement comorien fixe le prix de la vanille à 20.000 Fc le Kilo pour la campagne 2019-2020. L’annonce a été faite hier mercredi par le ministre de l’Agriculture, Moustoidrane Abdou lors d’une cérémonie qui a eu lieu au ministère de l’Agriculture, un lieu symbolique, selon lui, pour l’agriculture comorienne.
C’est la bonne nouvelle pour les milliers de producteurs de la filière vanille aux Comores. Le ministre en charge de l’agriculture reste sur la ligne du président Azali Assoumani. Moustoidrane Abdou fixe le prix de la vanille verte à 20.000 Fc le kilo, celle rendue au magasin à 21.000 Fc, le prix de la vanille préparée à 131.000 Fc et le prix de vente FOB (Free On Board = Franco à Bord) à 203.855 Fc. Pour ce qui est des taxes, l’ancien vice-président montre qu’en ce qui concerne la contribution au budget de l’Etat, le kilo de vanille exportée et les centimes additionnels seront taxés à 1500 Fc le kilo, 1400 Fc pour le préparateur et 1400 Fc pour l’exportateur concernant les Fonds de soutien à la filière (FOSOVA).
« Ces prix et taxes seront mentionnés sur la fiche des prix », précise-t-il dans lors du lancement de la campagne Vanille 2019. Au cours son discours, le ministre a annoncé que ces prix ont été fixés après concertation avec de tous les acteurs, et en se basant sur la réalité du marché tout en ayant le souci de ne léser aucun acteur. « Nous avons arrêté un prix pour cette année. Nous suggérons aux acteurs d’éviter la spéculation pour le bien du secteur et des acteurs », avertit-il.
Pour le ministre de l’agriculture, l’appui au secteur s’explique par la volonté de l’Etat d’accompagner les agriculteurs ainsi que les acteurs de la filière pour qu’ils jouent pleinement leurs rôles dans le développement du pays. Entouré du ministre de l’intérieur, de son secrétaire général, du directeur national des stratégies agricoles et de l’élevage et du directeur de l’office national de la vanille, Moustoidrane Abdou a rappelé la volonté d’atteindre l’autosuffisance alimentaire et de booster l’exportation des produits de rente qui constituent selon lui, la colonne vertébrale de l’économie. « La filière a besoin de souffle qui va de sa réorganisation à la sécurisation des acteurs et de leurs biens », lance-t-il en rendant hommage à tous ceux qui, contre vents et marées n’abandonnent pas le bateau malgré les péripéties du parcours. Au nom du président de la République, Moustoidrane Abdou lance un vibrant appel à la jeunesse afin qu’elle s’implique davantage dans ce secteur prometteur qui demande une force vive et dynamique. « Ils y trouveront, dit-il, un terrain de prédilection où ils pourront s’épanouir et subvenir à leur besoins financiers ».
Pour sa part, le directeur national des stratégies agricoles et de l’élevage, Maansour Ahmed affirme que ce prix a été établi après les avis de tous les acteurs potentiels allant du producteur au préparateur jusqu’à l’exportateur « pour éviter tout malentendu ». Regrettant les vols qui sont devenus monnaie courante, ce dernier dit qu’un travail est mené en synergie avec les communes pour qu’aucune gousse ne soit volée. « Les polices municipales doivent jouer leur rôle d’organe de sécurité des biens et des personnes dans les régions et les communes pour protéger la vanille», lance-t-il. Même son de cloche pour le directeur de l’Office National de la Vanille qui rappelle les étapes difficiles traversées par la filière et les maux qu’elle a connus. Aboubacar Abdoulwahab a encore mis l’accent sur la politique entamée par le président Azali Assoumani à travers le secteur et affirme qu’à chaque fois qu’il (Azali) est au pouvoir, le prix de la vanille est revu à la hausse. « Le mal du président de l’Union c’est de satisfaire le producteur, le préparateur et l’exportée à travers la filière vanille », dit-il tout confiant. Ce dernier annonce que grâce au prix des deux dernières années, tous ceux qui travaillent dans le secteur ont été satisfaits. Regrettant le passage du cyclone Kenneth, le Directeur de l’Office affirme qu’une grande partie du travail des agriculteurs a été touché voire même détruit. En parfait connaisseur du domaine, l’intervenant dit qu’avant la baisse du prix de la vanille, les producteurs comoriens récoltaient jusqu’à 150 tonnes dans les années 1980-1990. « Ces dernières années, on est revenu à 30 tonnes », regrette-t-il. Et pour motiver encore plus les producteurs, il explique que la mission de l’Office est de réorganiser et revaloriser la production de la filière pour revenir aux meilleurs chiffres d’antan.
A.O Yazid
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